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Yayoi Kusama (1929–2026) : l’artiste qui a fait de l’infini une signature

Yayoi-Kusama

L’artiste japonaise Yayoi Kusama est morte le 14 août 2026 à Tokyo, à 97 ans. Des premiers Infinity Nets aux installations immersives qui ont fait le tour du monde, elle aura passé plus de huit décennies à explorer la répétition, l’effacement et l’infini. Au-delà des pois et des citrouilles devenus iconiques, sa disparition pose une question : comment un langage artistique devient-il si singulier qu’une œuvre se reconnaît avant même d’être signée ?

Vue de l’exposition Yayoi Kusama à la Fondation Beyeler.
Vue de l’exposition Yayoi Kusama à la Fondation Beyeler. © Mark Niedermann

Yayoi Kusama, une disparition qui dépasse l’icône

La disparition de Yayoi Kusama, annoncée le 27 août par son studio et le musée qui porte son nom à Tokyo, marque la fin de l’un des parcours les plus singuliers de l’art contemporain.

Née le 22 mars 1929 à Matsumoto, au Japon, l’artiste laisse derrière elle une œuvre développée pendant plus de huit décennies, de la peinture à la sculpture, de la performance aux installations immersives.

Mais quelques signes suffisent aujourd’hui à évoquer son nom.

Des pois qui prolifèrent sur une surface. Une citrouille monumentale. Des miroirs dans lesquels la lumière semble se répéter à l’infini.

Kusama était devenue reconnaissable avant même que l’on lise sa signature.

Cette évidence visuelle pourrait presque faire oublier ce qui constitue la profondeur de son œuvre : derrière les images devenues iconiques se trouve une recherche obstinée sur la répétition, la disparition du sujet et notre rapport à l’infini.

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Quand la répétition devient un langage

Les pois de Yayoi Kusama n’ont pas été conçus comme un simple motif décoratif.

Dès son enfance, l’artiste raconte avoir été confrontée à des perceptions dans lesquelles formes et motifs semblaient proliférer autour d’elle. Ces expériences nourriront progressivement un vocabulaire fait de points, de réseaux et d’accumulations.

La répétition devient alors davantage qu’un procédé plastique : elle constitue une manière de penser l’espace et la place de l’individu à l’intérieur de celui-ci.

Kusama développera autour de cette idée la notion d’« auto-effacement » (self-obliteration). Le motif se répète jusqu’à envahir la surface ; l’individu semble à son tour pouvoir s’y dissoudre.

Ce principe traversera toute son œuvre.

Le support change. Le langage demeure.

Vue de l’exposition Yayoi Kusama à la Fondation Beyeler.
Vue de l’exposition Yayoi Kusama à la Fondation Beyeler. © Mark Niedermann

Des Infinity Nets aux Infinity Mirror Rooms

Lorsque Yayoi Kusama s’installe à New York à la fin des années 1950, la scène artistique américaine connaît de profondes transformations.

Elle y développe notamment ses Infinity Nets, de vastes peintures recouvertes d’une multitude de petits gestes répétés. Aucun véritable centre ne structure la composition. Le réseau semble pouvoir se prolonger au-delà des limites de la toile.

L’infini est déjà là.

Quelques années plus tard, cette recherche quitte progressivement la surface pour investir l’espace.

Avec les Infinity Mirror Rooms, les miroirs, les lumières et les répétitions abolissent visuellement les limites architecturales. Le spectateur n’est plus seulement placé devant l’œuvre : il entre à l’intérieur.

Son propre reflet se multiplie jusqu’à devenir un élément de l’installation.

Des Infinity Nets aux salles de miroirs, Kusama poursuit finalement la même interrogation : comment donner une forme à ce qui paraît ne jamais devoir finir ?

La citrouille, de l’objet familier à l’icône

Un autre motif traverse son œuvre : la citrouille.

Peinte, sculptée ou installée dans l’espace public, elle devient progressivement indissociable de l’artiste.

Recouverte de pois et déclinée dans différentes dimensions, elle résume à elle seule une partie du paradoxe Kusama : partir d’une forme familière pour créer un objet immédiatement identifiable et pourtant étrange.

Les citrouilles monumentales contribueront largement à la reconnaissance internationale de son travail.

Mais elles révèlent surtout une capacité essentielle : transformer un vocabulaire extrêmement restreint en un univers capable de se renouveler pendant plusieurs décennies.

Une reconnaissance qui n’a rien eu d’immédiat

L’omniprésence actuelle de Yayoi Kusama pourrait laisser croire à une carrière construite dans une reconnaissance continue. Son parcours fut beaucoup plus complexe.

Dans le New York des années 1960, elle participe à l’avant-garde, développe peintures, sculptures, installations et performances, tout en restant difficile à enfermer dans un mouvement précis.

Après son retour au Japon en 1973, sa visibilité internationale diminue pendant plusieurs années.

Il faudra notamment attendre les années 1990 pour que son œuvre retrouve une place majeure sur la scène internationale. Sa présence à la Biennale de Venise en 1993, où elle représente le Japon, constitue une étape décisive de cette redécouverte.

Les grandes expositions se succèdent ensuite.

L’artiste longtemps située en marge de plusieurs récits dominants de l’art du XXe siècle devient progressivement l’une de ses figures les plus célèbres.

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Le succès a-t-il fini par masquer l’œuvre ?

C’est peut-être l’un des paradoxes les plus intéressants de Yayoi Kusama.

Ses Infinity Mirror Rooms sont devenues des expériences recherchées par des millions de visiteurs. Ses citrouilles monumentales circulent dans l’espace public. Ses pois ont dépassé le monde des musées pour rejoindre la mode et la culture populaire.

À l’ère des réseaux sociaux, ses installations possèdent également toutes les caractéristiques d’images destinées à circuler : immersion, lumière, répétition, spectacle.

Mais cette extraordinaire popularité peut aussi modifier notre regard.

À force de reconnaître immédiatement Kusama, regarde-t-on encore réellement son œuvre ?

Le phénomène médiatique risque parfois de faire oublier que son vocabulaire s’est constitué bien avant Instagram, les files d’attente devant les Infinity Rooms et les collaborations internationales.

La répétition chez Kusama n’est pas née d’une stratégie d’image. Elle constitue l’une des obsessions fondatrices de son travail.

C’est précisément cette continuité qui distingue une signature artistique d’une simple identité visuelle.

Comment une œuvre devient-elle une signature ?

La disparition de Yayoi Kusama pose ainsi une question qui dépasse sa propre trajectoire : qu’est-ce qui permet de reconnaître véritablement le travail d’un artiste ?

Chez elle, la réponse ne tient pas seulement aux pois, aux miroirs ou aux citrouilles.

Elle réside dans la constance avec laquelle quelques préoccupations ont été explorées pendant plus de huit décennies : la répétition, l’accumulation, l’infini, l’effacement du sujet et la relation entre l’individu et l’espace.

Une signature artistique apparaît lorsque ces éléments ne constituent plus seulement un style, mais deviennent la traduction d’une pensée.

Kusama en offre un exemple particulièrement saisissant.

Ses motifs peuvent être reproduits. Ses installations abondamment photographiées. Ses citrouilles immédiatement reconnues.

Mais derrière ces signes demeure une même interrogation poursuivie œuvre après œuvre.

Que restera-t-il de Yayoi Kusama ?

La disparition d’un artiste transforme inévitablement la manière dont son œuvre est regardée.

Dans le cas de Kusama, cette question prend une résonance particulière. Toute son œuvre semble avoir cherché à dépasser les limites : celles de la toile, du corps, de l’espace et, finalement, de l’individu.

Son studio indique qu’elle a continué à peindre jusqu’à ses derniers jours.

Ce geste dit probablement davantage de son parcours que son immense célébrité.

Pendant plus de huit décennies, Yayoi Kusama aura repris quelques formes, les aura répétées, déplacées, agrandies et transformées.

Jusqu’à faire de la répétition une différence.

Et de l’infini, une signature.

À relire dans ART MAG

À l’occasion de la rétrospective consacrée à Yayoi Kusama par la Fondation Beyeler, ART MAG avait exploré dans son n°30 plus de sept décennies de création de l’artiste japonaise. De ses premières visions aux Infinity Nets, des performances new-yorkaises aux salles de miroirs, ce dossier interrogeait déjà ce qui traverse toute son œuvre : la tentative de donner une forme à l’infini.

Kusama y formulait une ambition qui résonne aujourd’hui avec une force particulière : « Je veux créer une œuvre qui brillera après ma mort. »

Retrouvez notre dossier « Yayoi Kusama — L’infini, la lumière et la peau du monde » dans ART MAG n°30.

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FAQ – Yayoi Kusama

Quand Yayoi Kusama est-elle morte ?

Yayoi Kusama est morte le 14 août 2026 à Tokyo, à l’âge de 97 ans. Son décès a été annoncé officiellement le 27 août 2026 par son studio et le Yayoi Kusama Museum.

Pourquoi Yayoi Kusama est-elle célèbre ?

L’artiste japonaise est notamment connue pour ses pois, ses Infinity Nets, ses sculptures de citrouilles et ses installations immersives Infinity Mirror Rooms. Son œuvre explore la répétition, l’infini, l’accumulation et l’effacement du sujet.

Que sont les Infinity Mirror Rooms ?

Les Infinity Mirror Rooms sont des installations dans lesquelles Yayoi Kusama utilise notamment miroirs, lumières et éléments répétés afin de créer l’impression d’un espace se prolongeant à l’infini. Le spectateur y devient lui-même partie intégrante de l’œuvre.

Pourquoi Yayoi Kusama utilise-t-elle des pois ?

Les pois appartiennent au vocabulaire artistique développé très tôt par Kusama autour de la répétition et de la prolifération. Ils sont progressivement devenus l’un des signes les plus reconnaissables de son œuvre.

Quel mouvement artistique représente Yayoi Kusama ?

Yayoi Kusama a participé à l’avant-garde new-yorkaise et son œuvre entretient des liens avec plusieurs courants du XXe siècle, notamment le minimalisme et le pop art. Elle reste toutefois difficile à rattacher à un mouvement unique tant son langage artistique est personnel.

Quel héritage laisse Yayoi Kusama ?

Yayoi Kusama laisse plus de huit décennies de création et un langage artistique immédiatement reconnaissable. Au-delà de la popularité de ses installations, son œuvre a profondément interrogé la répétition, l’infini et la place de l’individu dans l’espace.

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Actualités - International - Lieu d'art

KANAL–Centre Pompidou : l’ancien garage Citroën devient un musée vivant

Vue extérieure du futur KANAL–Centre Pompidou à Bruxelles
Atelier Kanal

KANAL–Centre Pompidou ouvrira le 28 novembre 2026 dans l’ancien garage Citroën de Bruxelles. Ce complexe culturel de 40 000 m² réunira art moderne et contemporain, architecture, performances, espaces publics et lieux de vie. Plus qu’un nouveau musée, KANAL entend transformer un bâtiment industriel emblématique en un espace culturel ouvert sur la ville.

KANAL–Centre Pompidou en bref

  • Ouverture au public : 28 novembre 2026
  • Lieu : ancien garage Citroën, à proximité du canal de Bruxelles
  • Superficie : 40 000 m²
  • Programme inaugural : dix expositions
  • Exposition principale : A truly immense journey
  • Œuvres présentées : plus de 350 dans l’exposition principale
  • Architectes : noAarchitecten, EM2N et Sergison Bates architects
  • Direction artistique : Kasia Redzisz
  • Partenaire : Centre Pompidou

D’un garage Citroën à un musée de 40 000 m²

À Bruxelles, l’ancien garage Citroën occupe une place singulière dans le paysage urbain. Installé près du canal, cet édifice moderniste construit dans les années 1930 fut longtemps associé à l’automobile, au commerce et à la circulation.

À partir du 28 novembre 2026, il accueillera KANAL–Centre Pompidou, un nouvel ensemble culturel consacré à l’art moderne et contemporain, à l’architecture et à la création vivante.

Le changement de fonction est considérable. Pourtant, le projet ne cherche pas à effacer l’histoire industrielle du site. Il prend appui sur ses dimensions monumentales, sa structure et sa mémoire pour imaginer une nouvelle manière d’habiter le bâtiment.

Là où circulaient autrefois les véhicules se croiseront désormais les œuvres, les artistes, les visiteurs et les habitants.

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Vue interieur de KANAL–Centre Pompidou dans l’ancien garage Citroën à Bruxelles
© Atelier Kanal

Une architecture qui conserve la mémoire industrielle

La transformation de l’ancien garage Citroën a été confiée aux agences noAarchitecten, EM2N et Sergison Bates architects, réunies au sein d’Atelier KANAL.

Le projet architectural conserve les éléments qui définissent l’identité du bâtiment : sa façade vitrée, ses anciens ateliers, ses vastes plateaux, ses volumes ouverts et ses circulations industrielles. Ces caractéristiques ne servent pas uniquement de décor. Elles deviennent la matière même du futur musée.

Plutôt que de construire une institution entièrement détachée de son environnement, les architectes ont choisi de travailler avec l’existant. Le visiteur pourra ainsi percevoir les traces de l’ancienne activité automobile tout en découvrant les nouveaux espaces consacrés à la création.

L’architecture organise également des passages entre les salles d’exposition, les lieux de rencontre et les espaces librement accessibles. Le bâtiment ne sera donc pas uniquement un contenant pour les œuvres. Il participera directement à l’expérience de la visite.

Un musée que les Bruxellois pourront traverser

KANAL–Centre Pompidou ne se limitera pas à une succession de galeries. Une bibliothèque, un centre de recherche et d’archives, un salon, une librairie, une aire de jeux, une boulangerie, des restaurants, un panorama et un rooftop compléteront les espaces d’exposition.

Cette diversité élargit considérablement les usages du lieu. Il sera possible de venir à KANAL pour voir une exposition, mais aussi pour lire, travailler, déjeuner, participer à une rencontre ou simplement traverser le bâtiment.

Une partie de ces espaces restera accessible indépendamment des expositions payantes. Le musée pourra ainsi entrer progressivement dans les habitudes quotidiennes du quartier et attirer des personnes qui ne fréquentent pas spontanément les institutions artistiques.

Cette dimension est essentielle. Avec ses 40 000 m², KANAL pourrait facilement apparaître comme un monument culturel impressionnant, mais distant. L’organisation des espaces cherche au contraire à créer de la proximité et à favoriser une fréquentation régulière.

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Anna Maria Maiolino
Entrevidas, 1981
Collection Centre Pompidou, Paris.
Anna Maria Maiolino Entrevidas, 1981 Collection Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle (c) Centre Pompidou, MNAM-CCI/Laboratoire photographique/Dist. GrandPalaisRmn

Dix expositions pour l’ouverture de KANAL

Pour son ouverture, KANAL–Centre Pompidou présentera dix expositions associant art moderne, création contemporaine, architecture, performance et pratiques sonores.

Cette programmation inaugurale ne sera pas construite autour d’un récit unique. Elle fera dialoguer des œuvres historiques, des artistes contemporains, des commandes conçues pour le bâtiment et des projets liés à la scène bruxelloise.

L’objectif ne consiste donc pas seulement à remplir les volumes monumentaux de l’ancien garage. Il s’agit de montrer comment différentes disciplines et différentes générations d’artistes peuvent prendre possession du lieu.

Au total, plus de 250 artistes devraient être représentés dans l’ensemble de la programmation d’ouverture.

Kanal - A truly immense journey - Graverol-LAfrique inconnu
Jane Graverol- L’Afrique inconnue – la mytologie comparée 1958 Collectie Mu.ZEE Oostende – Collectie Vlaamse Gemenschap Foto Door Steven Decroos

« A truly immense journey » : plus de 350 œuvres en mouvement

L’exposition principale, intitulée « A truly immense journey », réunira plus de 350 œuvres. La majorité proviendra de la collection du Centre Pompidou, complétée par des œuvres appartenant à KANAL ainsi qu’à plusieurs collections publiques et privées belges.

Présentée du 28 novembre 2026 au 10 janvier 2028, l’exposition explorera les déplacements des personnes, des idées et des pratiques artistiques du début du XXe siècle à aujourd’hui.

Ce choix fait directement écho à l’emplacement du musée. Le canal de Bruxelles fut historiquement un axe de commerce, d’échange et de migration. Il devient ici le point de départ d’un voyage artistique sans destination unique.

Le parcours fera dialoguer des figures majeures de l’histoire de l’art moderne et contemporain, parmi lesquelles Sonia Delaunay, Lygia Clark, Marcel Broodthaers, Kader Attia, Henri Matisse et Alberto Giacometti.

Plutôt qu’une histoire strictement chronologique, A truly immense journey proposera une lecture fondée sur la circulation des formes, des récits et des influences.

Des créations conçues pour les espaces de KANAL

La programmation inaugurale accordera également une place importante aux artistes contemporains et aux projets réalisés en relation avec l’architecture.

Otobong Nkanga transformera l’un des vastes espaces ouverts du bâtiment en un lieu de rencontre plus intime. À travers le textile et la circulation des récits, l’artiste confrontera la monumentalité de l’ancien garage à une expérience plus sensible et collective.

Manon de Boer présentera l’exposition « Blindsight », tandis que Joëlle Tuerlinckx proposera « La première fois ». Joshua Serafin développera un univers dans lequel le passé, le présent et les identités se répondent.

Avec « NO SHOW », la performance et le son occuperont également une place importante. Le projet réunira une vingtaine d’artistes liés à Bruxelles et témoignera de la vitalité de la scène locale.

Ces propositions montrent que KANAL ne reposera pas uniquement sur le prestige de la collection du Centre Pompidou. Le musée entend aussi devenir un espace de production, d’expérimentation et de visibilité pour les artistes d’aujourd’hui.

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KANAL Architecture : penser la ville de demain

L’architecture et le paysage constitueront un second axe majeur de l’institution. KANAL Architecture, qui intègre les activités et les collections de l’ancien CIVA, disposera de ses propres espaces d’exposition, de recherche et d’archives.

L’exposition « Right to the City – Right to the Future » interrogera notamment les transformations urbaines et les manières d’imaginer la ville de demain.

Cette réflexion trouve une résonance particulière à Bruxelles. La capitale belge est un territoire traversé par des histoires, des langues et des réalités sociales multiples. Ses transformations architecturales sont inséparables des questions d’habitat, de mobilité, d’accès aux espaces publics et de coexistence entre les populations.

KANAL pourra ainsi exposer l’architecture, mais aussi en faire un sujet de débat collectif.

© Atelier Kanal

Un nouveau point de passage culturel à Bruxelles

L’implantation de KANAL à proximité du canal participe à la transformation d’un territoire longtemps considéré comme périphérique, malgré sa proximité avec le centre historique.

Le musée pourrait devenir un trait d’union entre différents quartiers de Bruxelles. Sa capacité à remplir ce rôle dépendra notamment de la porosité du bâtiment, de l’accessibilité de ses espaces et des collaborations développées avec les artistes, les écoles, les associations et les acteurs culturels locaux.

L’enjeu dépasse donc la création d’une nouvelle destination touristique. KANAL devra également trouver sa place dans le quotidien de la ville et de ses habitants.

En transformant un ancien garage automobile en espace de circulation culturelle, KANAL opère déjà un déplacement symbolique. Là où l’on entretenait autrefois des véhicules, on exposera désormais des œuvres, on produira des projets et l’on partagera des connaissances.

La force architecturale du lieu réside peut-être dans cette continuité : conserver les traces de sa première fonction tout en lui donnant un nouvel avenir. Le 28 novembre 2026, Bruxelles ne découvrira donc pas seulement un musée, mais un bâtiment rendu à de nouveaux usages.

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Questions fréquentes sur KANAL–Centre Pompidou

Quand KANAL–Centre Pompidou ouvrira-t-il à Bruxelles ?

KANAL–Centre Pompidou ouvrira au public le 28 novembre 2026 dans l’ancien garage Citroën, à proximité du canal de Bruxelles.

Que pourra-t-on voir à KANAL–Centre Pompidou ?

KANAL présentera des expositions d’art moderne et contemporain, des projets d’architecture, des performances, des œuvres sonores et des créations conçues spécialement pour le bâtiment.

Quelle sera la principale exposition d’ouverture ?

L’exposition principale, « A truly immense journey », réunira plus de 350 œuvres provenant principalement de la collection du Centre Pompidou, mais aussi de la collection de KANAL et de collections belges.

Qui a transformé l’ancien garage Citroën ?

Le projet architectural a été conçu par noAarchitecten, EM2N et Sergison Bates architects, réunis au sein d’Atelier KANAL.

Quelle est la superficie de KANAL–Centre Pompidou ?

Le complexe culturel occupe une superficie totale de 40 000 m² dans l’ancien garage Citroën de Bruxelles.

Pourra-t-on entrer dans KANAL sans visiter une exposition ?

Plusieurs lieux ont été conçus comme des espaces publics, notamment la bibliothèque, le salon, la librairie, l’aire de jeux et les espaces de restauration. Ils permettront de découvrir et de fréquenter KANAL au-delà des seules expositions.

Pour prolonger cette découverte, retrouvez dans ART MAG International n°34 notre analyse : « Bruxelles invente-t-elle un nouveau modèle de musée ? »

Pour connaître les dates et les conditions de visite, consultez également le programme officiel de KANAL–Centre Pompidou.

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Pour lire la suite, téléchargez ART MAG N°34
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Artistes à la une - Sculpture

Zan Ho, sculpter le vide entre architecture, papier et lumière

Zan ho sculpteur

Architecte de formation devenu sculpteur, Zan Ho développe une œuvre singulière dans laquelle le papier, le vide et la lumière deviennent de véritables matériaux. Ses sculptures animalières, composées de milliers de modules assemblés, interrogent notre perception de l’espace autant que la fragilité du vivant.

Face à une sculpture de Zan Ho, le regard ne s’arrête jamais à la surface. Un ours polaire, un manchot empereur, un poulpe ou encore une vague apparaissent immédiatement. Pourtant, derrière ces silhouettes reconnaissables se déploie une construction beaucoup plus complexe, faite d’ouvertures, de transparences et de perspectives.

Le spectateur n’est plus seulement invité à observer l’œuvre : son regard la traverse.

De l’architecture à la sculpture

Diplômé de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette, Zan Ho exerce plusieurs années comme architecte avant de se consacrer à la sculpture.

Cette formation continue de nourrir profondément son travail. Les volumes, la circulation du regard et les relations entre intérieur et extérieur occupent une place essentielle dans sa démarche.

« Je perçois la sculpture comme une architecture. »

Zan Ho ne cherche donc pas uniquement à reproduire la forme extérieure d’un animal ou d’un objet. Il construit un espace que le regard peut explorer.

Le papier, un matériau fragile devenu monumental

Pour réaliser ses sculptures, l’artiste assemble patiemment des centaines, parfois des milliers de modules de papier.

Pris séparément, chaque élément semble léger et presque insignifiant. Leur accumulation fait pourtant apparaître des œuvres puissantes, parfois monumentales, dans lesquelles la matière dialogue constamment avec le vide.

Ce choix du papier crée un paradoxe saisissant. Les sculptures donnent une impression de force et de stabilité, alors qu’elles sont constituées d’un matériau fragile. Cette tension évoque la vulnérabilité du vivant, mais également sa capacité à se transformer.

Selon l’angle d’observation, la silhouette paraît dense ou se dissout dans la lumière. L’œuvre change avec les déplacements du spectateur et ne se révèle jamais entièrement au premier regard.

Quand l’animal devient une architecture vivante

Les animaux occupent une place centrale dans l’univers de Zan Ho, mais ils ne sont jamais de simples sujets figuratifs.

L’ours polaire, le poulpe ou le manchot empereur deviennent des métaphores de la présence, du mouvement et de la fragilité. À travers eux, l’artiste questionne les limites de la forme : où commence une sculpture et où s’arrête-t-elle lorsque la lumière et le regard peuvent la traverser ?

Dans ses œuvres, le vide n’est pas une absence. Il relie les éléments, donne du rythme à la structure et participe pleinement à son équilibre.

Zan Ho présente son travail dans le podcast ART MAG

Dans cet entretien, Zan Ho revient sur son parcours d’architecte devenu sculpteur, son choix du papier et la place essentielle du vide et de la lumière dans ses œuvres.

L’artiste partage également sa manière de construire ses sculptures et sa réflexion sur la fragilité du vivant.

Découvrez l’entretien complet avec Zan Ho dans le podcast ART MAG

Un artiste à découvrir dans ART MAG n°33

Vous y découvrirez son parcours d’architecte devenu sculpteur, sa démarche artistique ainsi qu’une sélection de ses œuvres. Le portrait explore notamment la manière dont il transforme le papier, le vide et la lumière en véritables matériaux de création.

L’article propose des clés de lecture pour mieux comprendre cet univers singulier, dans lequel les formes animalières deviennent des architectures ouvertes, traversées par le regard et porteuses d’une réflexion sur la fragilité du vivant.

📖Le numéro 33 est disponible en version papier et numérique.

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À chaque numéro, ART MAG International sélectionne des artistes contemporains dont le parcours et la démarche font l’objet d’un article publié en français et en anglais.

La revue est diffusée en France et à l’international auprès d’amateurs d’art, de collectionneurs, de professionnels et d’institutions.

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FAQ – Zan Ho

Qui est Zan Ho ?

Zan Ho est un artiste et sculpteur contemporain, architecte de formation, dont le travail explore les relations entre le plein et le vide, la lumière, l’espace et la fragilité du vivant. Ses sculptures sont notamment réalisées à partir de nombreux modules de papier assemblés pour créer des formes animalières et des structures traversées par le regard.

Quelle est la particularité des sculptures de Zan Ho ?

La particularité du travail de Zan Ho réside dans la construction de sculptures ouvertes où le vide participe directement à la forme. L’artiste utilise notamment le papier pour créer des structures légères et fragmentées à travers lesquelles circulent le regard et la lumière.

Pourquoi Zan Ho représente-t-il des animaux ?

Les animaux constituent chez Zan Ho des métaphores du vivant. À travers l’ours polaire, le poulpe ou le manchot empereur, l’artiste explore la fragilité, le mouvement, la transformation et la relation entre présence et disparition.

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Actualités - Edito

La rentrée artistique 2026 : regarder ce qui est en train d’émerger

delphine Jonckheere fondatrice du magazine art mag international

La rentrée artistique 2026 ouvre une nouvelle saison pour l’art contemporain. Expositions, artistes émergents, nouveaux lieux culturels et transformations des institutions dessinent un paysage artistique en mouvement. Dans ce numéro 34, ART MAG choisit de regarder celles et ceux qui participent aujourd’hui à cette évolution.

La rentrée artistique n’est pas seulement une succession d’expositions, de foires et d’inaugurations. Elle est aussi ce moment particulier où de nouvelles orientations apparaissent, où les institutions affirment leurs choix et où certains artistes accèdent à une visibilité susceptible de faire évoluer leur parcours.

C’est précisément ce mouvement que nous avons voulu observer.

Et notre regard commence, comme toujours, par les artistes.

couverture du magazine ART MAG

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Les artistes émergents au cœur d’ART MAG

En couverture de ce numéro, Denis Doistau nous entraîne dans un univers où la lumière devient matière et principe de construction. Son travail rappelle une évidence que l’accélération du monde de l’art pourrait presque nous faire oublier : une démarche artistique se construit dans le temps. Elle se cherche, évolue, s’affirme avant, parfois, de rencontrer la reconnaissance.

Cette attention portée aux trajectoires artistiques est au cœur de la ligne éditoriale d’ART MAG.

Depuis sa création, le magazine fait le choix de présenter des artistes émergents aux côtés de démarches plus établies. Il ne s’agit pas seulement de suivre ce qui est déjà reconnu, mais aussi d’identifier les nouvelles écritures, les recherches et les personnalités qui participent à la création contemporaine d’aujourd’hui.

Regarder ce qui existe, mais surtout ce qui est en train d’émerger.

Des institutions culturelles en transformation

Cette rentrée artistique 2026 révèle également les transformations profondes qui traversent les institutions culturelles.

À Amiens, la Maison de la Culture repense la relation entre création, artistes, territoire et publics. À Bruxelles, KANAL-Centre Pompidou interroge ce que peut devenir un musée contemporain lorsque les arts visuels rencontrent les pratiques vivantes. Sur l’Île Seguin, Large témoigne à son tour de l’émergence de nouveaux lieux où disciplines, cultures et usages se croisent.

Ces projets sont différents, mais ils posent une même question : quelle place voulons-nous donner à la création contemporaine aujourd’hui ?

Une interrogation qui concerne les institutions, mais également les artistes, les galeries, les collectionneurs et les publics.

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Regarder au-delà de ce qui est déjà visible

C’est là que se situe, plus que jamais, la mission d’ART MAG.

Rendre compte des grands projets, des expositions et des transformations du monde de l’art, bien sûr. Mais également ouvrir nos pages à celles et ceux dont le travail mérite d’être découvert avant que leur nom ne devienne familier.

Car l’art contemporain ne se construit pas uniquement dans les grandes institutions, les foires ou sur le marché de l’art. Il naît d’abord dans les ateliers, dans la recherche, dans les expérimentations et dans cette nécessité de créer qui précède toute reconnaissance.

Regarder l’art aujourd’hui, c’est aussi savoir repérer ce qui comptera demain.

C’est avec cette conviction qu’ART MAG ouvre cette nouvelle saison artistique.

Bienvenue dans ART MAG 34, et belle rentrée artistique à toutes et à tous.

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Découvrez ART MAG n°34

Si cet éditorial a éveillé votre curiosité, poursuivez la lecture avec le nouveau numéro d’ART MAG, le magazine indépendant consacré à l’art contemporain et aux artistes d’aujourd’hui.

Dans ce numéro

Des artistes contemporains à découvrir, avec en couverture Denis Doistau et son travail autour de la lumière, de la matière et de la construction.

Rentrée artistique 2026 : pourquoi est-elle un moment décisif ? Un dossier pour comprendre les enjeux de cette nouvelle saison de l’art contemporain.

Réinventer la Maison de la Culture. À Amiens, ART MAG décrypte un nouveau projet artistique qui replace la création et les artistes au cœur de l’institution.

KANAL-Centre Pompidou à Bruxelles : quel musée pour demain ? Un nouveau lieu culturel qui interroge les frontières entre arts visuels, pratiques vivantes et publics.

L’Île Seguin poursuit sa transformation culturelle avec Large, un nouveau projet dédié aux cultures contemporaines.

Frida Kahlo, The Making of an Icon. À Londres, la Tate Modern explore la construction d’une icône dont l’influence dépasse largement l’histoire de l’art.

Valence, une scène artistique contemporaine à découvrir à travers ses galeries, ses artistes et ses nouveaux territoires de création.

Artistes à découvrir : Denis Doistau, Stéphane Clamens, Terry Rossberg, Alexandra Torres Herrero, Richard Mougel, Gil Loison, BeuS…

Et également : Frida Kahlo, Boris Charmatz, Rebecca Chaillon, Tatiana Julien, Yuval Rozman, Gurshad Shaheman, Collectif XY, Tiphaine Raffier, Julien Gosselin, Lisaboa Houbrechts, Miroirs Étendus…

Artistes émergents, analyses, institutions, marché de l’art, expositions et découvertes : ART MAG vous accompagne au cœur de l’actualité de l’art contemporain.

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Actualités - Galeries et ventes - Marché de l'art

Marché de l’art : pourquoi la France revient au premier plan en Europe

Après deux années de recul, le marché français de l’art renoue avec la croissance. En 2025, les ventes ont atteint 4,5 milliards de dollars, en hausse de 9 %, selon le Art Basel & UBS Global Art Market Report 2026. Avec 8 % du marché mondial, la France conforte sa position de premier marché de l’Union européenne. Une dynamique portée par Paris et son écosystème, mais qui ne doit pas masquer les fragilités persistantes du secteur.

Une croissance française supérieure à celle du marché mondial

Le chiffre marque un changement de tendance. Après deux années de contraction, le marché français de l’art a enregistré 4,5 milliards de dollars de ventes en 2025, soit une progression de 9 % en un an. Il retrouve ainsi un niveau légèrement supérieur à celui de 2019.

La performance est d’autant plus notable que la reprise du marché de l’art mondial demeure contrastée. À l’échelle internationale, les ventes d’art et d’antiquités ont progressé de 4 % en 2025, pour atteindre 59,6 milliards de dollars.

La France représente désormais 8 % du marché mondial, contre 7 % l’année précédente. Elle conserve sa quatrième position derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine, mais confirme surtout sa place de premier marché de l’Union européenne.

Derrière les chiffres apparaît alors une question : pourquoi la France, et particulièrement Paris, attire-t-elle de nouveau autant le marché international ?

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Paris, un écosystème devenu difficile à contourner

La réponse ne tient pas à une seule foire ou à l’arrivée de quelques grandes galeries internationales.

Paris bénéficie aujourd’hui d’une concentration exceptionnelle d’acteurs : galeries françaises et étrangères, maisons de ventes, musées, fondations, foires, collectionneurs et institutions. Leur proximité crée un écosystème dans lequel marché et culture se renforcent mutuellement.

Art Basel Paris en est la manifestation la plus spectaculaire. Pour son édition 2026, la foire annonce plus de 200 exposants provenant de 41 pays et territoires, dont près de 30 nouveaux participants. Plus de 60 galeries participantes disposent désormais d’un espace en France.

Mais l’attractivité parisienne ne repose précisément pas sur Art Basel seule.

Paris Photo, Art Paris, Paris Internationale, Asia NOW, AKAA et plusieurs foires spécialisées rythment désormais l’année. À cela s’ajoutent les grandes maisons de ventes, un réseau dense de galeries et une programmation institutionnelle particulièrement importante.

Paris n’est donc plus simplement une ville dans laquelle se déroule une grande foire. La ville est redevenue un écosystème du marché de l’art.

Pourquoi les collectionneurs reviennent-ils à Paris ?

Cette concentration prend tout son sens lorsqu’on se place du côté du collectionneur. Car derrière les chiffres du marché se trouve aussi une question essentielle : pourquoi collectionne-t-on une œuvre d’art ?

Un déplacement à Paris permet aujourd’hui d’associer en quelques jours la visite d’une grande foire, la découverte d’expositions de galeries, des ventes aux enchères, des musées et fondations, mais également des rencontres avec des artistes, galeristes, commissaires et autres collectionneurs.

Or, le marché semble précisément redonner de la valeur à cette expérience physique.

Les foires représentent désormais 35 % du chiffre d’affaires des marchands, soit quatre points de plus qu’un an auparavant et leur niveau le plus élevé depuis 2022. Dans le même temps, les ventes exclusivement réalisées en ligne reculent.

Après l’accélération numérique des années Covid, l’art rappelle ainsi une caractéristique fondamentale : une œuvre ne s’achète pas uniquement à travers une image et un prix.

La voir, comprendre son contexte, échanger avec le galeriste ou rencontrer l’artiste participe encore largement à la décision d’acquisition.

Les villes capables de concentrer ces expériences disposent donc d’un avantage considérable. Et Paris semble aujourd’hui en bénéficier pleinement.

Une reprise qui ne profite pas à tout le monde

Il serait pourtant trompeur de conclure que le marché français a retrouvé une croissance uniforme.

À l’échelle mondiale, les ventes réalisées par les marchands ont progressé de seulement 2 % en 2025, à 34,8 milliards de dollars. Derrière cette moyenne se cachent surtout de fortes différences selon la taille des structures.

Les marchands réalisant moins de 500 000 dollars de chiffre d’affaires ont enregistré des progressions à deux chiffres. Les acteurs situés entre 1 et 10 millions de dollars ont, eux, légèrement reculé, tandis que les structures dépassant 10 millions de dollars ont renoué avec une croissance de 3 %.

Dans le même temps, les coûts d’exploitation des marchands ont augmenté d’environ 5 %, soit davantage que la progression globale de leurs ventes.

Autrement dit, vendre davantage ne signifie pas nécessairement gagner davantage.

C’est peut-être le paradoxe du marché français en 2026 : Paris n’a jamais autant attiré les acteurs internationaux, alors que le modèle économique de nombreuses galeries reste sous pression.

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Les foires redeviennent centrales

Cette situation explique également pourquoi les foires occupent une place croissante dans les stratégies des galeries.

Elles coûtent cher : transport des œuvres, location du stand, assurances, déplacements et hébergement des équipes. Mais elles concentrent en quelques jours ce qu’une galerie peut parfois mettre plusieurs mois à obtenir : collectionneurs, conseillers, conservateurs, journalistes et nouveaux contacts internationaux.

Leur poids croissant dans le chiffre d’affaires des marchands montre qu’elles ne sont plus simplement des vitrines.

Elles sont devenues des infrastructures commerciales essentielles au marché contemporain.

Cette dépendance pose néanmoins une autre question : jusqu’où les galeries pourront-elles supporter l’augmentation des coûts nécessaires pour participer aux événements qui leur permettent précisément de rester visibles ?

La croissance du marché français ne résout donc pas toutes les fragilités. Elle en révèle aussi certaines.

Paris a-t-elle détrôné Londres ?

Pas encore.

Il faut ici distinguer l’Union européenne de l’Europe. La France est bien devenue le premier marché de l’Union européenne, mais le Royaume-Uni reste très largement devant elle avec environ 10,5 milliards de dollars de ventes en 2025, soit 18 % du marché mondial.

Déclarer Paris nouvelle capitale européenne du marché de l’art serait donc prématuré.

Mais raisonner uniquement en parts de marché ne suffit peut-être plus.

Paris a retrouvé une capacité d’attraction internationale. Les grandes galeries s’y installent ou y renforcent leur présence, les foires internationales s’y développent et les collectionneurs disposent désormais d’une offre culturelle et commerciale suffisamment dense pour justifier plusieurs déplacements dans l’année.

La France représentait 7 % du marché mondial en 2024. Elle en représente désormais 8 %. Ses ventes ont progressé de 9 % et retrouvé un niveau supérieur à celui d’avant la pandémie.

Ce mouvement ne suffit pas à détrôner Londres.

Il montre en revanche que Paris est redevenue une place que le marché international ne peut plus considérer comme secondaire.

À quelques semaines de la rentrée des galeries et de la grande séquence automnale des foires parisiennes, la question n’est donc peut-être plus de savoir si Paris est revenue.

Elle est de savoir si elle parviendra à transformer ce retour en position durable.

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ART-O-RAMA 2026 à Marseille : une autre idée de la foire d’art contemporain

Vue d’ART-O-RAMA à la Friche la Belle de Mai à Marseille
Margot Montigny

Du 28 au 30 août 2026, ART-O-RAMA revient à la Friche la Belle de Mai à Marseille. Pour cette nouvelle édition, le salon international d’art contemporain réunit 40 galeries venues de 18 pays et de quatre continents. Face aux grandes foires internationales, ART-O-RAMA défend un modèle différent : format resserré, jeunes galeries, projets curatoriaux et soutien à la création émergente.

À l’heure où quelques grandes foires concentrent une part importante de l’attention du marché de l’art contemporain, ART-O-RAMA cultive depuis Marseille une autre échelle.

Pour son édition 2026, le salon rassemble 40 galeries réparties sur seulement 34 stands. Dix-neuf participent pour la première fois et plus de la moitié des galeries présentes ont ouvert au cours des cinq dernières années.

Cette dernière donnée est sans doute l’une des plus révélatrices. ART-O-RAMA ne mise pas seulement sur les artistes émergents : la foire donne également une place importante aux jeunes galeries, ces acteurs essentiels qui prennent le risque d’accompagner de nouvelles pratiques et de construire les carrières de demain.

A Lire aussi : Art Paris 2026 : analyse du marché de l’art contemporain et tendances clés

ART-O-RAMA 2026 : 40 galeries venues de 18 pays

De Copenhague à Barcelone, de Sofia à Berlin, de Londres à Lima, de Tokyo à Chicago, ART-O-RAMA 2026 dessine une cartographie largement internationale. Paris et Marseille y côtoient Milan, Vienne, Genève ou encore Sydney.

Mais l’intérêt de cette diversité géographique réside moins dans l’accumulation des nationalités que dans le profil des structures sélectionnées.

Pour une jeune galerie, participer à une foire internationale peut constituer une étape décisive. C’est l’occasion de rencontrer de nouveaux collectionneurs, de présenter ses artistes à des critiques et commissaires, de se confronter à d’autres scènes et de construire progressivement sa visibilité.

ART-O-RAMA revendique précisément un format intimiste et une sélection exigeante maintenant les galeries au cœur du salon. Cinq des stands de l’édition 2026 réunissent d’ailleurs deux galeries autour de projets communs.

La foire apparaît ainsi comme un laboratoire non seulement pour les artistes, mais également pour ceux qui choisissent de les représenter.

Pourquoi ART-O-RAMA mise sur les jeunes galeries

Dans un marché de l’art largement structuré autour de grandes foires internationales, se faire une place reste un défi pour les galeries les plus récentes. ART-O-RAMA fait de cette réalité un véritable parti pris : en 2026, plus de la moitié des galeries sélectionnées ont moins de cinq ans.

Ce choix s’inscrit dans une vision défendue de longue date par Jérôme Pantalacci, directeur d‘ART-O-RAMA. Depuis sa création en 2007, la foire a grandi sans renoncer à son format volontairement resserré. Alors que de nombreux événements cherchent à augmenter sans cesse leur taille et leur nombre d’exposants, ART-O-RAMA revendique une autre approche : privilégier la qualité des propositions, l’accompagnement des galeries et l’attention portée aux projets curatoriaux.

Jérôme Pantalacci, directeur d’ART-O-RAMA
Jérôme Pantalacci, directeur d’ART-O-RAMA. © SayWho / Saymika

Les jeunes galeries occupent une place centrale dans cette démarche. Souvent plus agiles, elles accompagnent des artistes encore peu identifiés, prennent davantage de risques et expérimentent de nouvelles formes de présentation. Elles constituent également un maillon essentiel de l’écosystème artistique en permettant l’émergence de nouvelles scènes et de nouveaux regards.

Le format d‘ART-O-RAMA favorise cette dynamique. Le stand n’y est pas seulement conçu comme un espace de vente, mais comme une proposition artistique à part entière, construite autour d’un artiste, d’une recherche ou du dialogue entre plusieurs pratiques.

Cette orientation participe directement à la singularité du salon marseillais : offrir une visibilité à ceux qui construisent aujourd’hui les scènes artistiques de demain et faire de la foire un lieu de découverte avant la consécration.

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Des artistes et des œuvres à découvrir à ART-O-RAMA 2026

Plusieurs propositions de l’édition 2026 illustrent cette volonté de faire du stand un espace artistique à part entière.

Jonathan Bréchignac, POLLEN DE PIN AVRIL 26, présenté par 22,48 m² à ART-O-RAMA 2026
22,48 m2, Romainville, Grand Paris Jonathan Bréchignac POLLEN DE PIN AVRIL 26, 2026 Raw pine pollen, acrylic and medium on canvas 57.5 x 44.9 x 1.2 inches
Courtesy of the artist and the gallery

Avec 22,48 m², Jonathan Bréchignac poursuit L’Éclosion du Temps, une recherche initiée lors d’une résidence à Pékin. Le pollen — notamment celui du pin — devient pigment, matière sculpturale, expérience olfactive et même gustative. À partir de cet élément microscopique capable de se conserver pendant des millions d’années, l’artiste explore le vivant, la mémoire et notre perception du temps.

Liz Elton, Black and Blue, 2026, présentée par Cable Depot à ART-O-RAMA 2026
Liz Elton Black and Blue, 2026 approx. 260 x 260 cm compostable cornstarch (food waste recycling bags) coloured with vegetable dyes and fruit dyes from kitchen waste saddened with iron, seeds of edible plants with medicinal qualities, silk
Courtesy of the artist and Cable Depot

Chez Cable Depot, Liz Elton travaille à partir de sacs compostables et de pigments provenant notamment des déchets de sa cuisine. Ses œuvres, entre peinture et sculpture, abordent l’alimentation, le gaspillage, la régénération et notre relation à la terre.

Julia Gault, Vague de chaleur, présentée par Clara Darrason à ART-O-RAMA 2026
Julia Gault C’est la manière dont ces vagues pénètrent dans l’immeuble, 2023
Perforated copper tubes Variable dimensions Courtesy Julia Gault ©Béatrice Cafiéri

La galerie Clara Darrason réunit Julia Gault et Amandine Guruceaga autour d’un paysage confronté à la chaleur, au feu et au manque d’eau. Faïence, cuivre, tissus, laiton et phénomènes d’oxydation construisent un environnement dans lequel les transformations de la matière répondent aux tensions écologiques contemporaines.

Nicolas Daubanes, Bunker, les calanques, 2023, Galerie Maubert
Nicolas Daubanes Bunker, les calanques, 2023 Magnetized steel powder on paper and iron filings on glass 45 x 60 cm Courtesy of the artist and Galerie Maubert

Chez Galerie Maubert, Nicolas Daubanes convoque quant à lui l’architecture, l’enfermement et la mémoire. Parmi les œuvres annoncées figure une reproduction grandeur nature d’un bassin de fontaine de la Villa Médicis, réalisée à partir de portes provenant de cellules de la prison des Baumettes à Marseille avec la participation de détenus engagés dans un programme de réinsertion. Bunkers des calanques, architectures militaires et traces de résistance prolongent cette réflexion.

Ces projets témoignent de démarches très différentes, mais partagent une même ambition : faire du stand autre chose qu’une succession d’œuvres disponibles à la vente.

Marseille et la Méditerranée au cœur de l’édition 2026

ART-O-RAMA entretient également une relation étroite avec son territoire.

L’édition 2026 coïncide avec la Saison de la Méditerranée en France. Sans faire officiellement partie de cette programmation, la foire accueille notamment des galeries espagnoles, italiennes et chypriotes, tandis que les enjeux méditerranéens traversent son programme de conversations et de projections.

À la Friche la Belle de Mai, cette dimension se prolonge avec plusieurs expositions monographiques. Zineb Sedira présente au Panorama une reconfiguration de son pavillon de la Biennale de Venise 2022. Triangle-Astérides invite Mona Benyamin, tandis que FRÆME, structure productrice d’ART-O-RAMA, présente le travail d’Abdessamad El Montassir.

Le salon s’inscrit ainsi dans un écosystème culturel qui dépasse largement les murs de la foire. Ses parcours destinés aux invités, collectionneurs et professionnels mettent notamment en relation des institutions et fondations situées entre Avignon, Arles, Marseille, Porquerolles, Saint-Paul-de-Vence et Nice.

Marseille n’est donc pas seulement la ville qui accueille ART-O-RAMA : son environnement artistique participe directement à l’identité de la manifestation.

Le Prix Région Sud, passerelle entre école d’art et marché

L’attention portée à l’émergence ne s’arrête pas aux galeries.

Le Prix Région Sud Art permet à de jeunes artistes diplômés depuis cinq ans maximum d’une école des beaux-arts de la Région Sud de présenter leur travail dans le Showroom d’ART-O-RAMA.

Sud Art
Œuvre de Marine Pistien, artiste sélectionnée pour le Prix Région Sud Art à ART-O-RAMA 2026
Marine Pistien Tentative d’envol (autoportrait), 2023 Dos bleu, tirage jet d’encre sur papier dimensions variables, image : 6 × 7 cm © Marine Pistien Courtesy of the artist
Crédit Portrait : © Robin Plus

Quatre artistes sont sélectionnés et accompagnés par un commissaire d’exposition. Leur présence au salon leur permet notamment de rencontrer galeristes, critiques, collectionneurs et éditeurs. Le lauréat bénéficie ensuite d’une résidence de deux mois à Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes, d’une bourse de 2 000 euros, de la publication d’un catalogue et d’une présentation lors de l’édition suivante.

Depuis 2022, le Prix Région Sud Design prolonge cette démarche auprès de jeunes designers, avec là encore une volonté explicite de professionnalisation.

Ces dispositifs soulèvent une question essentielle pour toute une génération de créateurs : comment passer de l’école d’art au monde professionnel et accéder au réseau des galeries et du marché de l’art ?

En réunissant formation, exposition, résidence, critique et marché, ART-O-RAMA participe concrètement à la création de ces passerelles.

A lire aussi : Comment fonctionne le marché de l’art ?

ART-O-RAMA face aux grandes foires d’art contemporain

ART-O-RAMA n’a ni la taille ni la vocation des grandes foires internationales. Et c’est précisément ce qui fait son intérêt.

Son format resserré permet de donner davantage de visibilité aux projets, aux jeunes galeries et aux artistes qui ne font pas encore nécessairement partie des noms les plus identifiés du marché.

Dans un secteur où la concentration autour de quelques rendez-vous internationaux peut favoriser les acteurs déjà établis, ART-O-RAMA choisit donc une autre position : celle du repérage, de l’expérimentation et de l’émergence.

Il ne s’agit pas de rivaliser avec les grandes machines du marché international, mais de préserver ce qui constitue historiquement l’une des fonctions essentielles d’une foire : mettre en relation artistes, galeries, collectionneurs et professionnels autour de pratiques qui restent à découvrir.

Dans un marché de plus en plus concentré, ART-O-RAMA rappelle ainsi qu’une foire peut encore être un lieu de découverte avant d’être une vitrine de certitudes.

Pour découvrir l’ensemble des galeries, artistes, rencontres et temps forts de cette édition, consultez le programme complet d’ART-O-RAMA 2026.

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ART-O-RAMA 2026 : dates et informations pratiques

Quand a lieu ART-O-RAMA 2026 ?

ART-O-RAMA se déroule du 28 au 30 août 2026.

Où se déroule ART-O-RAMA ?

Le salon est organisé à la Friche la Belle de Mai à Marseille, au 41 rue Jobin, dans le 3e arrondissement.

Combien de galeries participent à ART-O-RAMA 2026 ?

L’édition 2026 rassemble 40 galeries venues de 18 pays et de quatre continents, réparties sur 34 stands

Quelle est la particularité d’ART-O-RAMA ?

Le salon privilégie un format resserré et accorde une place importante aux galeries et artistes émergents. En 2026, 19 galeries participent pour la première fois et plus de la moitié des galeries sélectionnées ont moins de cinq ans.

Que peut-on voir à ART-O-RAMA 2026 ?

Outre les galeries d’art contemporain, le salon comprend une section consacrée à l’édition, du design contemporain, les Prix Région Sud ainsi qu’un programme de conversations et de projections

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