Du 28 au 30 août 2026, ART-O-RAMA revient à la Friche la Belle de Mai à Marseille. Pour cette nouvelle édition, le salon international d’art contemporain réunit 40 galeries venues de 18 pays et de quatre continents. Face aux grandes foires internationales, ART-O-RAMA défend un modèle différent : format resserré, jeunes galeries, projets curatoriaux et soutien à la création émergente.
À l’heure où quelques grandes foires concentrent une part importante de l’attention du marché de l’art contemporain, ART-O-RAMA cultive depuis Marseille une autre échelle.
Pour son édition 2026, le salon rassemble 40 galeries réparties sur seulement 34 stands. Dix-neuf participent pour la première fois et plus de la moitié des galeries présentes ont ouvert au cours des cinq dernières années.
Cette dernière donnée est sans doute l’une des plus révélatrices. ART-O-RAMA ne mise pas seulement sur les artistes émergents : la foire donne également une place importante aux jeunes galeries, ces acteurs essentiels qui prennent le risque d’accompagner de nouvelles pratiques et de construire les carrières de demain.
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ART-O-RAMA 2026 : 40 galeries venues de 18 pays
De Copenhague à Barcelone, de Sofia à Berlin, de Londres à Lima, de Tokyo à Chicago, ART-O-RAMA 2026 dessine une cartographie largement internationale. Paris et Marseille y côtoient Milan, Vienne, Genève ou encore Sydney.
Mais l’intérêt de cette diversité géographique réside moins dans l’accumulation des nationalités que dans le profil des structures sélectionnées.
Pour une jeune galerie, participer à une foire internationale peut constituer une étape décisive. C’est l’occasion de rencontrer de nouveaux collectionneurs, de présenter ses artistes à des critiques et commissaires, de se confronter à d’autres scènes et de construire progressivement sa visibilité.
ART-O-RAMA revendique précisément un format intimiste et une sélection exigeante maintenant les galeries au cœur du salon. Cinq des stands de l’édition 2026 réunissent d’ailleurs deux galeries autour de projets communs.
La foire apparaît ainsi comme un laboratoire non seulement pour les artistes, mais également pour ceux qui choisissent de les représenter.
Pourquoi ART-O-RAMA mise sur les jeunes galeries
Dans un marché de l’art largement structuré autour de grandes foires internationales, se faire une place reste un défi pour les galeries les plus récentes. ART-O-RAMA fait de cette réalité un véritable parti pris : en 2026, plus de la moitié des galeries sélectionnées ont moins de cinq ans.
Ce choix s’inscrit dans une vision défendue de longue date par Jérôme Pantalacci, directeur d‘ART-O-RAMA. Depuis sa création en 2007, la foire a grandi sans renoncer à son format volontairement resserré. Alors que de nombreux événements cherchent à augmenter sans cesse leur taille et leur nombre d’exposants, ART-O-RAMA revendique une autre approche : privilégier la qualité des propositions, l’accompagnement des galeries et l’attention portée aux projets curatoriaux.

Les jeunes galeries occupent une place centrale dans cette démarche. Souvent plus agiles, elles accompagnent des artistes encore peu identifiés, prennent davantage de risques et expérimentent de nouvelles formes de présentation. Elles constituent également un maillon essentiel de l’écosystème artistique en permettant l’émergence de nouvelles scènes et de nouveaux regards.
Le format d‘ART-O-RAMA favorise cette dynamique. Le stand n’y est pas seulement conçu comme un espace de vente, mais comme une proposition artistique à part entière, construite autour d’un artiste, d’une recherche ou du dialogue entre plusieurs pratiques.
Cette orientation participe directement à la singularité du salon marseillais : offrir une visibilité à ceux qui construisent aujourd’hui les scènes artistiques de demain et faire de la foire un lieu de découverte avant la consécration.
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Des artistes et des œuvres à découvrir à ART-O-RAMA 2026
Plusieurs propositions de l’édition 2026 illustrent cette volonté de faire du stand un espace artistique à part entière.

Courtesy of the artist and the gallery
Avec 22,48 m², Jonathan Bréchignac poursuit L’Éclosion du Temps, une recherche initiée lors d’une résidence à Pékin. Le pollen — notamment celui du pin — devient pigment, matière sculpturale, expérience olfactive et même gustative. À partir de cet élément microscopique capable de se conserver pendant des millions d’années, l’artiste explore le vivant, la mémoire et notre perception du temps.

Courtesy of the artist and Cable Depot
Chez Cable Depot, Liz Elton travaille à partir de sacs compostables et de pigments provenant notamment des déchets de sa cuisine. Ses œuvres, entre peinture et sculpture, abordent l’alimentation, le gaspillage, la régénération et notre relation à la terre.

Perforated copper tubes Variable dimensions Courtesy Julia Gault ©Béatrice Cafiéri
La galerie Clara Darrason réunit Julia Gault et Amandine Guruceaga autour d’un paysage confronté à la chaleur, au feu et au manque d’eau. Faïence, cuivre, tissus, laiton et phénomènes d’oxydation construisent un environnement dans lequel les transformations de la matière répondent aux tensions écologiques contemporaines.

Chez Galerie Maubert, Nicolas Daubanes convoque quant à lui l’architecture, l’enfermement et la mémoire. Parmi les œuvres annoncées figure une reproduction grandeur nature d’un bassin de fontaine de la Villa Médicis, réalisée à partir de portes provenant de cellules de la prison des Baumettes à Marseille avec la participation de détenus engagés dans un programme de réinsertion. Bunkers des calanques, architectures militaires et traces de résistance prolongent cette réflexion.
Ces projets témoignent de démarches très différentes, mais partagent une même ambition : faire du stand autre chose qu’une succession d’œuvres disponibles à la vente.
Marseille et la Méditerranée au cœur de l’édition 2026
ART-O-RAMA entretient également une relation étroite avec son territoire.
L’édition 2026 coïncide avec la Saison de la Méditerranée en France. Sans faire officiellement partie de cette programmation, la foire accueille notamment des galeries espagnoles, italiennes et chypriotes, tandis que les enjeux méditerranéens traversent son programme de conversations et de projections.
À la Friche la Belle de Mai, cette dimension se prolonge avec plusieurs expositions monographiques. Zineb Sedira présente au Panorama une reconfiguration de son pavillon de la Biennale de Venise 2022. Triangle-Astérides invite Mona Benyamin, tandis que FRÆME, structure productrice d’ART-O-RAMA, présente le travail d’Abdessamad El Montassir.
Le salon s’inscrit ainsi dans un écosystème culturel qui dépasse largement les murs de la foire. Ses parcours destinés aux invités, collectionneurs et professionnels mettent notamment en relation des institutions et fondations situées entre Avignon, Arles, Marseille, Porquerolles, Saint-Paul-de-Vence et Nice.
Marseille n’est donc pas seulement la ville qui accueille ART-O-RAMA : son environnement artistique participe directement à l’identité de la manifestation.
Le Prix Région Sud, passerelle entre école d’art et marché
L’attention portée à l’émergence ne s’arrête pas aux galeries.
Le Prix Région Sud Art permet à de jeunes artistes diplômés depuis cinq ans maximum d’une école des beaux-arts de la Région Sud de présenter leur travail dans le Showroom d’ART-O-RAMA.

Crédit Portrait : © Robin Plus
Quatre artistes sont sélectionnés et accompagnés par un commissaire d’exposition. Leur présence au salon leur permet notamment de rencontrer galeristes, critiques, collectionneurs et éditeurs. Le lauréat bénéficie ensuite d’une résidence de deux mois à Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes, d’une bourse de 2 000 euros, de la publication d’un catalogue et d’une présentation lors de l’édition suivante.
Depuis 2022, le Prix Région Sud Design prolonge cette démarche auprès de jeunes designers, avec là encore une volonté explicite de professionnalisation.
Ces dispositifs soulèvent une question essentielle pour toute une génération de créateurs : comment passer de l’école d’art au monde professionnel et accéder au réseau des galeries et du marché de l’art ?
En réunissant formation, exposition, résidence, critique et marché, ART-O-RAMA participe concrètement à la création de ces passerelles.
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ART-O-RAMA face aux grandes foires d’art contemporain
ART-O-RAMA n’a ni la taille ni la vocation des grandes foires internationales. Et c’est précisément ce qui fait son intérêt.
Son format resserré permet de donner davantage de visibilité aux projets, aux jeunes galeries et aux artistes qui ne font pas encore nécessairement partie des noms les plus identifiés du marché.
Dans un secteur où la concentration autour de quelques rendez-vous internationaux peut favoriser les acteurs déjà établis, ART-O-RAMA choisit donc une autre position : celle du repérage, de l’expérimentation et de l’émergence.
Il ne s’agit pas de rivaliser avec les grandes machines du marché international, mais de préserver ce qui constitue historiquement l’une des fonctions essentielles d’une foire : mettre en relation artistes, galeries, collectionneurs et professionnels autour de pratiques qui restent à découvrir.
Dans un marché de plus en plus concentré, ART-O-RAMA rappelle ainsi qu’une foire peut encore être un lieu de découverte avant d’être une vitrine de certitudes.
Pour découvrir l’ensemble des galeries, artistes, rencontres et temps forts de cette édition, consultez le programme complet d’ART-O-RAMA 2026.
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ART-O-RAMA 2026 : dates et informations pratiques
ART-O-RAMA se déroule du 28 au 30 août 2026.
Le salon est organisé à la Friche la Belle de Mai à Marseille, au 41 rue Jobin, dans le 3e arrondissement.
L’édition 2026 rassemble 40 galeries venues de 18 pays et de quatre continents, réparties sur 34 stands
Le salon privilégie un format resserré et accorde une place importante aux galeries et artistes émergents. En 2026, 19 galeries participent pour la première fois et plus de la moitié des galeries sélectionnées ont moins de cinq ans.
Outre les galeries d’art contemporain, le salon comprend une section consacrée à l’édition, du design contemporain, les Prix Région Sud ainsi qu’un programme de conversations et de projections
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