KANAL–Centre Pompidou ouvrira ses portes à Bruxelles le 28 novembre 2026. Pour inaugurer cet ancien garage Citroën métamorphosé en musée, l’institution déploiera dix expositions consacrées à l’art moderne et contemporain, à l’architecture, à la mémoire coloniale et aux enjeux politiques de notre époque. De la grande exposition A truly immense journey aux installations d’Otobong Nkanga, Banu Cennetoğlu, Joëlle Tuerlinckx ou Joshua Serafin, ART MAG présente les rendez-vous à retenir.
L’ouverture de KANAL–Centre Pompidou se précise. Installé dans l’ancien garage Citroën, au bord du canal de Bruxelles, le nouveau musée accueillera ses premiers visiteurs le 28 novembre 2026.
Pour son inauguration, KANAL n’a pas choisi de concentrer toute l’attention sur une seule exposition événement. L’institution proposera dix projets complémentaires : neuf expositions portées par KANAL et une grande exposition consacrée à l’architecture.
Cette programmation fera dialoguer les collections du Centre Pompidou avec la scène artistique belge et internationale, tout en accordant une place importante à l’histoire de Bruxelles, à son passé industriel et colonial ainsi qu’aux débats qui traversent aujourd’hui la société.
Si A truly immense journey devrait s’imposer comme le grand rendez-vous de cette ouverture par son ampleur et le nombre d’œuvres réunies, les projets d’Otobong Nkanga et de Banu Cennetoğlu pourraient compter parmi les propositions les plus marquantes, par leur dimension collective et politique.
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A truly immense journey : plus de 350 œuvres réunies à Bruxelles
Avec plus de 350 œuvres, A truly immense journey constitue l’exposition phare de l’ouverture de KANAL. La majorité des pièces provient des collections du Centre Pompidou, auxquelles s’ajoutent des œuvres appartenant à KANAL ainsi qu’à plusieurs collections publiques et privées belges.
Le parcours réunira des figures majeures de l’art moderne, parmi lesquelles Lygia Clark, Sonia Delaunay, Henri Matisse, Wifredo Lam, Pablo Picasso et Alberto Giacometti. Leurs œuvres dialogueront avec celles d’artistes contemporains issus de la scène bruxelloise et internationale, comme Sammy Baloji, Edith Dekyndt, Aglaia Konrad et Hana Miletić.
L’exposition ne proposera toutefois pas une histoire chronologique et conventionnelle de l’art. Elle explorera plutôt la circulation des personnes, des idées et des pratiques artistiques depuis les années 1900 jusqu’à aujourd’hui. Les migrations, les déplacements des formes et les héritages coloniaux constitueront plusieurs des fils conducteurs de ce voyage à travers les collections.
A truly immense journey inaugurera également un cycle d’expositions de longue durée permettant de découvrir à Bruxelles une sélection régulièrement renouvelée d’œuvres du Centre Pompidou.
Du 28 novembre 2026 au 10 janvier 2028.
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An infinite woman : revisiter l’histoire coloniale de Citroën
Cette exposition entretient une relation directe avec l’histoire du bâtiment qui abrite aujourd’hui KANAL.
En 1925, le portrait d’une femme Mangbetu, originaire du nord-est du Congo, devient l’un des emblèmes de la Croisière Noire, une expédition coloniale organisée par Citroën à travers le continent africain. Quelques années plus tard, le constructeur automobile fait édifier à Bruxelles le monumental garage désormais transformé en musée.
Intitulée An infinite woman – Black archives in two acts, l’exposition revient sur la création et la circulation de cette imagerie coloniale. Elle montre également comment des artistes afro-descendants se sont réapproprié ces représentations pour les interroger, les déplacer et leur opposer de nouveaux récits.
Les œuvres de Raphaël Barontini, Sonia Barrett, Roméo Mivekannin, Faith Ringgold, Carrie Mae Weems, Frida Orupabo et Barbara Walker permettront notamment d’aborder les questions de représentation, de mémoire et de transmission.
Plus qu’un retour historique, l’exposition confrontera directement le nouveau musée aux zones d’ombre du bâtiment dont il a hérité.
Du 28 novembre 2026 au 26 avril 2027.
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Joëlle Tuerlinckx à KANAL : La première fois
our inaugurer KANAL, Joëlle Tuerlinckx a choisi l’un des espaces les plus singuliers du musée : une salle située au niveau de ses fondations.
Après avoir observé pendant plusieurs années la transformation de l’ancien garage Citroën, l’artiste belge imagine une installation composée de lumière, de sons, de voix et de traces laissées par le chantier. Ces différents éléments viendront modifier la manière dont le visiteur perçoit et traverse le lieu.
Intitulée La première fois, l’œuvre s’inscrit dans une pratique développée depuis les années 1980, au sein de laquelle Joëlle Tuerlinckx interroge les relations entre le temps, l’espace et la perception.
Plutôt qu’un objet à contempler, l’artiste propose une expérience attentive du bâtiment et de ce qui demeure de ses transformations successives.
Du 28 novembre 2026 au 29 mars 2027.
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Manon de Boer à KANAL : écouter plutôt que regarder
Avec Blindsight, Manon de Boer invite le visiteur à ralentir et à accorder au son toute son attention.
Développée avec la chorégraphe Latifa Laâbissi et le concepteur sonore Laszlo Umbreit, l’installation renverse la hiérarchie habituelle entre l’image et l’écoute. Installé dans un fauteuil de cinéma, le public découvre un paysage sonore diffusé par différents dispositifs, dont des haut-parleurs dissimulés dans des vases.
Cette proposition sensorielle prolonge les recherches de Manon de Boer autour du cinéma, de la musique et de la danse. Elle questionne également notre rapport à la durée, dans un environnement culturel souvent dominé par la vitesse et la multiplication des images.
Du 28 novembre 2026 au 29 mars 2027.
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Joshua Serafin : le corps entre migration, mémoire et identité
Pour l’ouverture de KANAL, Joshua Serafin présentera Whispering pleas of the eternal echoes, une installation vidéo spécialement conçue pour le musée.
Entre les Philippines et la Belgique, l’artiste mettra en relation plusieurs générations et différents récits afin d’explorer les questions d’origine, de migration et d’appartenance.
À la croisée de la chorégraphie, du cinéma, de l’installation, de la sculpture et du son, la pratique de Joshua Serafin considère le corps comme un territoire en constante transformation. Il devient à la fois le lieu où s’inscrivent les héritages familiaux et collectifs, et celui depuis lequel de nouvelles identités peuvent se construire.
L’installation devrait offrir l’une des propositions les plus physiques et immersives de cette programmation inaugurale.
Du 28 novembre 2026 au 29 mars 2027.

Département des Pièges : onze musées bruxellois réunissent leurs collections
Le titre de l’exposition fait écho au célèbre Département des Aigles imaginé par Marcel Broodthaers.
Avec Département des Pièges – Metabolic Museum-University, la curatrice Clémentine Deliss réunit objets historiques, tableaux et créations contemporaines autour des notions de piège, de leurre et de trompe-l’œil.
La singularité du projet réside notamment dans l’origine des pièces présentées. Onze musées bruxellois participent à l’exposition, parmi lesquels l’AfricaMuseum, le Design Museum Brussels, le Musée Horta et le Musée d’Ixelles.
Leurs collections dialogueront avec les œuvres contemporaines de Guillaume Bijl, Kasper Bosmans, Aline Bouvy, Pélagie Gbaguidi, Otobong Nkanga et Valérie Mannaerts.
Au-delà du jeu visuel suggéré par son titre, l’exposition questionnera les manières de classer, d’interpréter et de présenter les objets au sein des institutions muséales.
Du 28 novembre 2026 au 31 mai 2027.
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NO SHOW : un musée doit-il nécessairement divertir ?
eut-on encore exposer sans céder aux logiques du spectacle ? C’est la question posée par Deborah Bowmann, Maoupa Mazzocchetti et une vingtaine d’artistes bruxellois invités à investir cinq espaces de KANAL.
Art, lumière, son et performance composeront un parcours brouillant volontairement les frontières entre exposition et spectacle, entre réalité et fiction.
Cette interrogation prend une résonance particulière dans un musée aux dimensions monumentales, appelé à devenir l’un des nouveaux pôles culturels majeurs de Bruxelles. Comment attirer un large public sans transformer l’expérience artistique en simple divertissement ? Et comment conserver une place pour l’expérimentation dans une institution soumise à de fortes attentes en matière de fréquentation ?
Derrière son apparente légèreté, NO SHOW pourrait ainsi constituer l’une des propositions les plus critiques de l’ouverture.
Du 28 novembre 2026 au 18 janvier 2027.
Banu Cennetoğlu à KANAL : la fragilité des droits humains mise en scène
Avec right?, Banu Cennetoğlu transforme les trente articles de la Déclaration universelle des droits de l’Homme en bouquets de lettres-ballons dorées.
À l’occasion de l’ouverture de KANAL, les trente articles seront présentés simultanément pour la première fois. L’œuvre est cependant conçue pour se transformer au fil du temps. Les ballons se dégonfleront progressivement, leur surface perdra son éclat et les lettres finiront par se déformer.
La matérialité fragile et presque festive de l’installation contraste avec la gravité de son sujet. Elle rappelle que les droits fondamentaux, même lorsqu’ils semblent universellement reconnus, peuvent s’affaiblir lorsqu’ils ne sont plus défendus.
Présentée à Bruxelles, au cœur des institutions européennes, l’œuvre acquiert une portée politique particulièrement forte.
Du 28 novembre 2026 au 24 mai 2027.

Otobong Nkanga à KANAL : une œuvre collective en perpétuelle construction
Otobong Nkanga transformera l’un des grands espaces ouverts de KANAL en un lieu de rencontre, de transmission et de création collective.
Autour de métiers à tisser en bois, des participants spécialement formés travailleront ensemble à la réalisation d’une œuvre appelée à évoluer pendant toute la durée de l’exposition. Les fils s’entremêleront comme les expériences, les gestes et les récits des personnes prenant part au projet.
Le tissage devient ainsi un outil permettant à l’artiste d’interroger le travail, l’utilisation des ressources, les savoir-faire et les responsabilités sociales d’une institution culturelle.
En plaçant l’action collective au cœur du musée, Otobong Nkanga dépasse la séparation habituelle entre les artistes, les œuvres et le public. Son projet pourrait devenir l’un des espaces les plus vivants et les plus accessibles de KANAL.
L’accès à cette installation sera gratuit.
Du 28 novembre 2026 au 19 avril 2027.

Right to the City – Right to the Future : penser Bruxelles par l’architecture
L’architecture constitue le dixième volet de la programmation inaugurale.
Portée par KANAL Architecture, Right to the City – Right to the Future mettra en relation l’histoire des quartiers environnants avec plusieurs enjeux contemporains : la crise climatique, la circularité, le genre et les héritages du colonialisme.
L’exposition associera des documents issus des collections historiques du CIVA à de nouvelles recherches et à huit commandes contemporaines. Elle sera prolongée par un programme d’environ cinquante événements, ainsi que par des ateliers destinés à différents publics.
Plus qu’une présentation de projets architecturaux, l’exposition envisage la ville comme un espace politique partagé. Elle pose notamment la question de la participation des habitants à la transformation de Bruxelles et de leur droit à imaginer son avenir.
Du 28 novembre 2026 au 14 mars 2027.
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Quelles expositions voir en priorité à KANAL–Centre Pompidou ?
Avec ces dix propositions, KANAL ne cherche pas uniquement à montrer l’étendue de ses nouveaux espaces ou la richesse des collections du Centre Pompidou. Le musée affirme d’emblée une identité propre, étroitement liée à Bruxelles, à son histoire industrielle et coloniale ainsi qu’aux débats politiques et sociaux contemporains.
Par son ampleur, A truly immense journey devrait naturellement attirer le plus grand nombre. Elle constituera le meilleur point de départ pour découvrir le musée et comprendre le dialogue que KANAL souhaite établir entre les collections modernes et la création contemporaine.
Les visiteurs intéressés par l’histoire coloniale pourront ensuite privilégier An infinite woman, tandis que les installations de Banu Cennetoğlu et d’Otobong Nkanga devraient offrir deux des expériences les plus engagées de l’ouverture. Les propositions de Joëlle Tuerlinckx et de Manon de Boer, plus expérimentales, permettront quant à elles d’aborder autrement l’architecture, le temps et la perception.
À partir du 28 novembre 2026, KANAL devra relever un double défi : devenir une destination culturelle internationale tout en conservant un ancrage véritablement bruxellois. Sa programmation inaugurale montre déjà que le nouveau musée entend être davantage qu’un simple prolongement du Centre Pompidou.
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KANAL ouvrira au public le 28 novembre 2026. Le programme inaugural comprendra neuf expositions de KANAL et l’exposition d’ouverture de KANAL Architecture, soit dix expositions.
Parmi les temps forts figurent A truly immense journey, An infinite woman, La première fois de Joëlle Tuerlinckx, Blindsight de Manon de Boer, right? de Banu Cennetoğlu ainsi que les projets de Joshua Serafin et Otobong Nkanga.
A truly immense journey rassemble plus de 350 œuvres provenant majoritairement du Centre Pompidou, complétées par des œuvres de KANAL et de collections publiques et privées belges.
L’exposition sera présentée du 28 novembre 2026 au 10 janvier 2028, ce qui en fait l’une des propositions de longue durée de KANAL