Catégories
Artistes à la une - Peinture

Gil Loison : quand le mouvement devient peinture

Photo portrait de Gil Loison à sa tableau de dessin

Artistes à la une | ART MAG International #34

Éducateur sportif et entraîneur de gymnastique artistique, Gil Loison a longtemps observé le corps en mouvement avant d’en faire le point de départ de sa création. Dans ses compositions aux couleurs vives, danseuses, golfeurs et sportifs évoluent au milieu de lignes et de courbes qui prolongent leurs gestes. Avec sa série Vibrations du mouvement, l’artiste développe un langage pictural dans lequel la figure humaine et l’abstraction se rencontrent.

Gil Loison, Vibration du swing, golfeuse en plein mouvement dans un paysage abstrait aux couleurs éclatantes, collage contemporain.
Vibration du swing – Collage papier et cuir 60 x 80 cm – 2026

Le corps comme point de départ

Chez Gil Loison, tout commence par une attitude, une posture, un geste. Une danseuse qui s’élance, un golfeur qui accompagne son mouvement, un corps suspendu dans l’effort : autant de situations qui constituent le point de départ de ses compositions.

Cette attention au mouvement trouve son origine dans son parcours professionnel. Éducateur sportif et entraîneur de gymnastique artistique de compétition, Gil Loison a consacré une partie de sa vie à observer les corps, leurs équilibres et leurs déplacements.

Une expérience qui nourrit aujourd’hui directement son regard de peintre.

« Je commence toujours par le personnage. Le fond vient après », explique-t-il.

Mais représenter le mouvement ne signifie pas simplement reproduire une action. Dans ses œuvres, le geste déborde la silhouette et se prolonge dans l’espace. Les lignes deviennent des trajectoires, les courbes accompagnent l’élan et les couleurs participent à cette sensation de déplacement.

Quand la couleur prolonge le geste

Avec la série Vibrations du mouvement, Gil Loison développe une écriture picturale immédiatement reconnaissable.

Les couleurs franches, les contrastes et les formes géométriques construisent un environnement dans lequel le personnage semble parfois se fondre. La figure humaine demeure présente, mais elle n’est plus l’unique sujet du tableau.

Dans La femme qui court sur la colline, le corps s’inscrit au milieu de courbes et de fragments colorés. Le regard circule entre la silhouette, les lignes et les différentes surfaces de la composition.

Avec L’éclat du souffle, la danseuse semble entraîner l’ensemble de l’espace pictural dans son mouvement. Les courbes qui l’entourent ne constituent plus seulement un décor : elles participent à la dynamique de l’œuvre.

Le mouvement devient ainsi un principe de construction, autant qu’un sujet de représentation.

Gil Loison, L'Éclat du souffle, danseuse en robe rouge entourée de courbes abstraites aux couleurs vives, collage contemporain.
L’éclat du souffle – Collage papier et cuir 60 x 80 cm – 2025

Le collage comme matière picturale

Le collage occupe également une place importante dans le travail de Gil Loison. L’artiste récupère magazines, affiches, journaux et papiers peints destinés à être jetés.

Chaque fragment est sélectionné pour sa couleur avant d’être intégré à un dessin préparatoire. Le papier perd alors son identité première pour devenir une matière picturale.

« Je ne fais pas du collage traditionnel. Je fais mon dessin, puis je me sers uniquement de la couleur du papier. C’est un peu comme un vitrail, mais sans les verres. »

Cette comparaison éclaire sa démarche. Les fragments ne sont jamais utilisés pour leurs images ou leurs textes, mais pour leurs qualités chromatiques.

À mesure que les papiers s’assemblent, le collage disparaît visuellement dans la composition. Il laisse place à une surface construite où couleurs, formes et lignes participent d’un même équilibre.

Derrière l’apparente spontanéité de ces œuvres se révèle ainsi un travail précis d’organisation et de composition.

Entre figuration et abstraction

L’intérêt du travail de Gil Loison réside notamment dans cette tension entre une figure immédiatement identifiable et un environnement qui tend vers l’abstraction.

Ses personnages ne disparaissent jamais complètement. Ils constituent le point d’ancrage d’un univers dans lequel les formes semblent poursuivre leur propre trajectoire.

Le spectateur reconnaît d’abord un geste, une attitude ou une silhouette, avant de découvrir progressivement les relations entre les couleurs et les lignes.

Avec Vibrations du mouvement, Gil Loison poursuit ainsi une recherche dans laquelle le corps devient le point d’équilibre d’une composition en perpétuelle transformation.

Le mouvement n’est plus seulement ce que représente le tableau. Il devient ce qui l’organise.

Comment Gil Loison parvient-il à traduire le mouvement à travers le collage et la couleur ?

Découvrez son parcours et sa démarche artistique dans ART MAG International n° 34, disponible en version papier et numérique.

📖Le numéro 34 est disponible en version papier et numérique.

FAQ – Gil Loison

Qui est Gil Loison ?

Gil Loison est un artiste dont le travail explore la représentation du mouvement à travers le dessin, le collage et la couleur. Il a également exercé comme éducateur sportif et entraîneur de gymnastique artistique de compétition.


Qu’est-ce que la série Vibrations du mouvement ?

Vibrations du mouvement est une série d’œuvres dans laquelle Gil Loison représente notamment des danseuses et des sportifs. Les silhouettes s’intègrent à des compositions géométriques et colorées qui prolongent visuellement leurs gestes.


Quelle technique Gil Loison utilise-t-il ?

L’artiste travaille notamment le collage de papiers colorés sur cuir. Il sélectionne des fragments de magazines, de journaux, d’affiches ou de papiers peints pour leurs couleurs, puis les intègre à ses compositions.


Où découvrir les œuvres de Gil Loison ?

ART MAG International présente son travail dans le numéro 34, à travers le portrait « Construire le mouvement », accompagné de reproductions de ses œuvres.

Pour lire la suite, téléchargez ART MAG N°34
Catégories
Actualités - International

Dominique Lucci, l’art de faire dérailler le réel

Dominique Lucci, J’irai quand même, 2026. Acrylique sur papier, 76 × 56 cm.
Dominique Lucci, J’irai quand même, 2026. Acrylique sur papier, 76 × 56 cm.
Dominique Lucci

Après son exposition à Paris en septembre 2026, Dominique Lucci poursuit son parcours au Japon. Du 19 au 30 novembre, Gomeisa Gallery à Tokyo lui consacre l’exposition Qui êtes-vous, Dominique Lucci ?. L’artiste grenoblois développe un univers singulier, peuplé de créatures hybrides, de corps fragmentés et de situations absurdes. Un monde où le dessin, entre humour et étrangeté, bouscule nos certitudes.

Dominique Lucci présentant une œuvre aux rayures bleues et blanches
Portrait de Dominique Lucci avec une œuvre

Dans le monde de Dominique Lucci, les animaux ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Des lapins poursuivent un chien de chasse, les corps se fragmentent et les objets semblent mener leur propre existence. Derrière ces scènes parfois cocasses se dessine un univers plus trouble, où les rôles s’inversent et où le réel bascule dans l’imaginaire.

Du 27 au 29 septembre 2026, l’artiste présentait Vous disiez ? à la Galerie Wood Green, dans le troisième arrondissement de Paris. Organisée conjointement par Gomeisa Gallery, basée à Tokyo, et p.k.g maison, en charge du commissariat, cette exposition s’inscrit dans une collaboration menée autour du travail de Dominique Lucci entre la France et le Japon. Elle sera suivie d’une nouvelle exposition au Japon, prévue pour la fin du mois de novembre.

Soutenez l’édition indépendante ! Abonnez-vous à ART MAG et recevez chaque numéro, en version papier et numérique.
👉 S’abonner 6 numéros / 1 an

J’irai pas de Dominique Lucci, chien blanc entouré de fleurs rouges sur fond bleu
Dominique Lucci, J’irai pas, 2026. Acrylique sur papier, 76 × 56 cm.
© Dominique Lucci

Un bestiaire entre humour et étrangeté

Né en 1975, diplômé des Beaux-Arts de Valence, Dominique Lucci vit et travaille à Grenoble. Son œuvre puise dans l’observation du quotidien pour mieux en détourner les formes. Architectures, végétation, objets ordinaires et figures animales deviennent les protagonistes de scènes où les lois habituelles semblent suspendues.

Nourri par la contemplation des gravures anciennes, les collages surréalistes et la bande dessinée, l’artiste construit un langage graphique personnel. Les corps se métamorphosent, les espèces s’hybrident et les rapports de force s’inversent. L’humain peut devenir la proie de l’animal, tandis que celui-ci emprunte gestes et attributs à notre propre monde.

Mais derrière la fantaisie de ces compositions se glisse une inquiétude plus diffuse. L’humour tempère la cruauté de certaines scènes sans jamais la faire complètement disparaître. Les images amusent avant de dérouter, laissant au spectateur la liberté d’élaborer ses propres récits.

C’est dans cet équilibre entre le familier et l’étrange que le travail de Dominique Lucci trouve une partie de sa singularité.

Oeuvres sur céramique de Dominique Lucci présentées à la Galerie Wood Green à Paris
Œuvres sur céramique de Dominique Lucci présentées lors de l’exposition Vous disiez ?, Galerie Wood Green, Paris, 2026. © Dominique Lucci

Quand le dessin s’empare de l’espace

Si le dessin demeure au centre de sa pratique, Dominique Lucci refuse de le limiter à la feuille de papier. Il le déploie sur les murs, la céramique ou le textile et l’explore également à travers l’animation.

Certaines expérimentations témoignent de son goût pour la contrainte. Sur de longues bandes de papier thermique, il utilise la pointe incandescente d’un bâtonnet d’encens pour faire apparaître ses figures. Le geste doit alors être rapide et précis : tracer sans laisser la chaleur détruire le support.

Ses interventions in situ révèlent particulièrement sa démarche. Avant d’investir un espace d’exposition, l’artiste en parcourt les alentours, carnet à la main. Façades, signalétiques, végétaux ou détails apparemment insignifiants deviennent une matière graphique qu’il transpose ensuite à l’intérieur.

Le dessin contourne les angles, accompagne les reliefs et se prolonge d’une paroi à l’autre. Il ne se regarde plus seulement de face : il se découvre au fil d’une déambulation. Le lieu d’exposition devient lui-même partie prenante de l’œuvre.

En 2015, avec Forêt, présentée à l’Espace Vallès, centre d’art contemporain de Saint-Martin-d’Hères, Dominique Lucci associait notamment acrylique et vidéoprojections. Le mur n’y était déjà plus un simple support, mais un espace à investir et à transformer.

Soutenez l’édition indépendante ! Abonnez-vous à ART MAG et recevez chaque numéro, en version papier et numérique.
👉 S’abonner 6 numéros / 1 an

Vue de l’exposition Vous disiez ? de Dominique Lucci à la Galerie Wood Green à Paris en 2026
Vue de l’exposition Vous disiez ? de Dominique Lucci, Galerie Wood Green, Paris, septembre 2026.

De Paris à Tokyo

Avec Vous disiez ?, présentée en septembre 2026 à la Galerie Wood Green, Dominique Lucci poursuit un parcours qui l’a notamment conduit à la Fondation Bullukian à Lyon, au Musée dauphinois de Grenoble et au Théâtre national de Chaillot à Paris.

Après Paris, c’est désormais à Tokyo que son univers prendra place. Du 19 au 30 novembre 2026, Gomeisa Gallery lui consacrera l’exposition Qui êtes-vous, Dominique Lucci ?, au premier étage de l’Imperial Hotel Plaza. Ce nouveau rendez-vous prolonge la collaboration engagée entre la France et le Japon autour du travail de l’artiste.

Qu’il investisse une feuille de papier ou les murs d’un espace d’exposition, Dominique Lucci poursuit une même exploration : celle d’un monde où les apparences sont trompeuses et où l’imagination vient constamment déjouer les évidences.

Son dessin ne cherche pas tant à reproduire le réel qu’à le déplacer. Il en révèle les incohérences, les absurdités et les possibles métamorphoses, laissant au spectateur le plaisir, parfois inconfortable, de ne plus tout à fait reconnaître ce qu’il regarde.

Vernissage de l’exposition Vous disiez ? de Dominique Lucci à la Galerie Wood Green à Paris
Vernissage de l’exposition Vous disiez ? de Dominique Lucci,
Galerie Wood Green, Paris, septembre 2026. © Dominique Lucci

Informations pratiques

Dominique Lucci — Qui êtes-vous, Dominique Lucci ?
Du 19 au 30 novembre 2026
Gomeisa Gallery
Imperial Hotel Plaza, 1er étage
Tokyo, Japon

Instagram : @luccidominique — @gome_gome_gallery

Soutenez l’édition indépendante ! Abonnez-vous à ART MAG et recevez chaque numéro, en version papier et numérique.
👉 S’abonner 6 numéros / 1 an

FAQ — Dominique Lucci

Quand et où Dominique Lucci expose-t-il à Tokyo ?

Dominique Lucci présentera Qui êtes-vous, Dominique Lucci ? du 19 au 30 novembre 2026 à Gomeisa Gallery, située au premier étage de l’Imperial Hotel Plaza à Tokyo.


Qui est Dominique Lucci ?

Dominique Lucci est un artiste français né en 1975. Diplômé des Beaux-Arts de Valence, il vit et travaille à Grenoble. Le dessin est au cœur d’une pratique qui se déploie également sur les murs, la céramique, le textile et à travers l’animation


Quel est l’univers artistique de Dominique Lucci ?

Son travail explore la métamorphose, l’hybridation et le renversement des rapports entre l’humain et l’animal. Gravures anciennes, collages surréalistes et bande dessinée nourrissent un univers où l’humour côtoie une forme d’inquiétante étrangeté.


Où Dominique Lucci a-t-il exposé à Paris en 2026 ?

Du 27 au 29 septembre 2026, Dominique Lucci a présenté Vous disiez ? à la Galerie Wood Green, 31 rue Meslay, dans le 3e arrondissement de Paris

Soutenez l’édition indépendante ! Abonnez-vous à ART MAG et recevez chaque numéro, en version papier et numérique.
👉 S’abonner 6 numéros / 1 an

Catégories
Actualités - Foire d'art - Paris - Photographie

Paris Photo 2026 : deux cents ans de photographie face aux images de demain

Grégoire Grange

Du 12 au 15 novembre 2026, Paris Photo revient au Grand Palais pour une 29e édition marquée par le Bicentenaire de la photographie. Des premiers procédés du XIXe siècle aux images générées par intelligence artificielle, la foire dessine le portrait d’un médium dont les frontières n’ont jamais semblé aussi mouvantes.

Célébrer deux cents ans de photographie au moment où notre rapport à l’image connaît l’une de ses transformations les plus profondes : le contexte donne à Paris Photo 2026 une résonance particulière.

Du 12 au 15 novembre, galeries, artistes, éditeurs, institutions et collectionneurs internationaux se retrouveront sous la verrière du Grand Palais. Mais au-delà du rendez-vous du marché, cette édition pose une question qui traverse aujourd’hui toute la création photographique : qu’est-ce encore qu’une photographie lorsque l’image peut être captée, transformée, calculée ou entièrement générée ?

Agnès Varda, Un ange passe, 1955, photographie en noir et blanc – Paris Photo 2026
Agnès Varda, Un ange passe (Christine d’Allens), décembre 1955. Nathalie Obadia.

Des pionniers de la photographie aux nouvelles images

Le dialogue entre histoire et création contemporaine apparaît dès le secteur Principal, qui rassemble 152 galeries venues de 31 pays.

À l’occasion du Bicentenaire, plusieurs propositions remontent aux origines mêmes du médium. La galerie Hans P. Kraus Jr. réunit notamment des œuvres de Louis Daguerre, William Henry Fox Talbot, Anna Atkins et Girault de Prangey, rappelant combien les premières décennies de la photographie furent déjà celles de l’expérimentation.

Deux siècles plus tard, cette expérimentation se poursuit avec des outils radicalement différents.

Le secteur Digital, désormais placé sous le commissariat de Marco De Mutiis, explore les nouvelles conditions de production et de circulation des images : intelligence artificielle photoréaliste, algorithmes, smartphones, réseaux sociaux et environnements numériques.

La photographie ne se définit donc plus seulement par l’appareil qui l’a produite. Elle devient un territoire où se rencontrent prise de vue, données, programmation et manipulation numérique.

Portrait photographique de Seydou Keïta, Sans titre, 1952 – Paris Photo 2026
Seydou Keïta, Sans titre / Untitled, 1952. Nathalie Obadia.

Soutenez l’édition indépendante ! Abonnez-vous à ART MAG et recevez chaque numéro, en version papier et numérique.
👉 S’abonner 6 numéros / 1 an

« La disparition » : lorsque la photographie doute du réel

C’est peut-être dans le secteur Voices que cette réflexion trouve son expression la plus forte.

Pour sa troisième édition, les commissaires Zasha Colah et Francesco Zanot ont choisi un thème particulièrement évocateur : La disparition.

Le choix est loin d’être anodin. La photographie s’est construite comme un moyen de fixer ce qui pouvait disparaître. Deux cents ans plus tard, c’est désormais son propre statut qui semble devenir instable.

Les œuvres réunies interrogent la disparition des paysages, des communautés et des réalités sociales, mais également celle des frontières traditionnelles du médium. Photographie, peinture, sculpture, installation, manipulation logicielle et intelligence artificielle se rencontrent jusqu’à remettre en question ce qui a longtemps constitué l’une des forces de l’image photographique : son rapport supposé au réel.

À l’heure où une image parfaitement vraisemblable peut exister sans qu’aucun appareil n’ait jamais enregistré la scène qu’elle représente, cette interrogation dépasse largement le champ artistique.

Vic Bakin, Materia, 2026, portrait photographique en mouvement – Paris Photo 2026
Vic Bakin, Materia, 2026. VOID.

Le Centre Pompidou révèle sa collection photographique

Autre temps fort de l’édition, Révéler permettra de découvrir au Grand Palais une sélection spécialement conçue à partir de la collection photographique du Centre Pompidou.

Une centaine d’œuvres réalisées par près de trente artistes historiques et contemporains mettront en perspective différentes manières de penser et de fabriquer l’image.

Man Ray, Brassaï, Constantin Brancusi ou László Moholy-Nagy figurent notamment parmi les artistes présentés.

Plutôt qu’une histoire strictement chronologique, cet ensemble rappelle combien la photographie a toujours été un laboratoire : cadrer, expérimenter, détourner, transformer la lumière et la matière ont accompagné son développement bien avant l’apparition des technologies numériques.

Soutenez l’édition indépendante ! Abonnez-vous à ART MAG et recevez chaque numéro, en version papier et numérique.
👉 S’abonner 6 numéros / 1 an

Une nouvelle génération élargit les frontières du médium

Cette transformation se lit également dans Emergence, qui rassemble vingt projets issus de neuf pays.

Les artistes sélectionnés ne considèrent plus nécessairement la photographie comme une finalité. Elle devient une matière parmi d’autres, associée au textile, aux archives, à l’installation, à la poésie ou à l’architecture.

Agnes Essonti Luque interroge ainsi l’histoire coloniale et la restitution des objets ; Dev Dhunsi fait dialoguer documentaire, récits diasporiques et textile ; Randa Mirza associe photographie, poésie et calligraphie autour des destructions causées par la guerre au Sud-Liban.

Ces pratiques témoignent d’un déplacement profond : la photographie contemporaine ne cherche plus seulement à montrer le monde. Elle questionne également la manière dont les images construisent nos récits, nos mémoires et nos représentations.

Karen Knorr, Fables et autres contes, 2025, paon dans l’architecture du fort d’Amer – Paris Photo 2026
Karen Knorr, Fables et autres contes, 2025. Filigranes.

Deux cents ans après, qu’est-ce qu’une photographie ?

Paris Photo 2026 aurait pu faire de ce Bicentenaire une célébration patrimoniale. L’intérêt de cette édition réside précisément ailleurs.

En faisant dialoguer les pionniers du XIXe siècle, les grandes figures du XXe, les artistes émergents et les pratiques numériques, la foire rappelle que la photographie n’a jamais cessé de se réinventer.

Mais le bouleversement actuel est peut-être d’une autre nature. Pendant près de deux siècles, malgré les manipulations possibles, la photographie a conservé un lien physique avec ce qui s’était trouvé devant l’objectif. L’intelligence artificielle et les images génératives viennent désormais fragiliser cette évidence.

La question n’est donc plus uniquement de savoir ce que la photographie peut représenter, mais de comprendre ce qui fait encore photographie.

C’est probablement là que réside tout l’intérêt de Paris Photo 2026 : célébrer deux siècles d’histoire au moment précis où le médium doit, une nouvelle fois, redéfinir ses frontières.

Paris Photo 2026
Du 12 au 15 novembre 2026
Grand Palais, Paris

Soutenez l’édition indépendante ! Abonnez-vous à ART MAG et recevez chaque numéro, en version papier et numérique.
👉 S’abonner 6 numéros / 1 an

FAQ – PARIS PHOTO 2026

Quand aura lieu Paris Photo 2026 ?

Paris Photo 2026 se tiendra du 12 au 15 novembre 2026 à Paris. Cette 29e édition s’inscrit dans le cadre du Bicentenaire de la photographie.

Où se déroule Paris Photo 2026 ?

Paris Photo 2026 se déroule au Grand Palais à Paris, où galeries, artistes, éditeurs, institutions et collectionneurs internationaux se retrouveront pendant quatre jours.

Que peut-on voir à Paris Photo 2026 ?

La foire réunit photographie historique et contemporaine à travers plusieurs secteurs : Principal et Prismes, Voices, Digital, Emergence et Éditions. L’édition 2026 accorde notamment une place aux nouvelles pratiques numériques et à l’intelligence artificielle.

Pourquoi Paris Photo 2026 célèbre-t-il le Bicentenaire de la photographie ?

L’édition 2026 s’inscrit dans la célébration des 200 ans de la photographie. Paris Photo met en perspective l’histoire du médium, depuis ses premiers procédés jusqu’aux transformations contemporaines liées notamment au numérique et aux images génératives.

Soutenez l’édition indépendante ! Abonnez-vous à ART MAG et recevez chaque numéro, en version papier et numérique.
👉 S’abonner 6 numéros / 1 an