Peindre n’est pas un geste anodin pour Mezz Zapharelli : c’est un face-à-face, un temps suspendu où chaque mouvement ouvre un territoire intérieur. L’atelier devient un laboratoire spirituel où pigments et signes composent ce qu’elle nomme la géométrie de l’âme. Ses toiles – La nudité de l’homme, La bulle – incarnent une tension entre dépouillement et fulgurance : défaire les parures, ôter les masques, capturer un instant fragile dont la brièveté rend la lumière plus précieuse.
La nudité de l’homme : une mise à nu symbolique où l’essentiel s’impose.
L’artiste ne décrit pas : elle ressent. Elle capte des vibrations invisibles – celles des choses, des paysages, des silences – jusqu’à faire jaillir une lueur intérieure. Une fois l’œuvre livrée au regard, elle s’en détache, laissant à chacun le soin d’en déchiffrer le sens et d’en prolonger l’écho.
Une exposition courte, une intensité maximale
Pendant trois jours seulement, les œuvres de Mezz Zapharelli dialoguent avec celles des artistes de Les 16 Anges. Le Bastille Design Center, avec son volume lumineux et son caractère industriel, offre un écrin propice à la lecture des surfaces et des vides. L’accrochage promet un parcours condensé, propice aux rencontres et aux conversations avec l’artiste.
La bulle : l’instant suspendu, la respiration qui précède l’éclair.
Infos pratiques
Dates : du vendredi 19 au dimanche 21 septembre 2025
Lieu : Bastille Design Center, 74 boulevard Richard-Lenoir, 75011 Paris
Événement : Exposition de l’association Les 16 Anges (avec Mezz Zapharelli)
Accès : Métro Bastille / Bréguet-Sabin
Horaires & billetterie : à insérer dès communication officielle
FAQ
Qui est Mezz Zapharelli ? Une artiste peintre contemporaine dont la démarche explore la géométrie de l’âme : formes épurées, couleurs vibrantes, lumière intérieure.
Où voir l’exposition à Paris ? Au Bastille Design Center (Paris 11e) dans le cadre de l’exposition collective Les 16 Anges, du 19 au 21 septembre 2025.
Combien de temps dure l’exposition ? Trois jours – une exposition éphémère : planifiez votre visite.
Portrait de Kali (Nathalie Jarsaillon), une artiste autodidacte entre nature, résilience et engagement
Une artiste autodidacte qui a trouvé refuge dans la peinture
Kali, de son vrai nom Nathalie Jarsaillon, s’est imposée dans le paysage de la peinture contemporaine par une démarche sincère et instinctive. Autodidacte, elle a trouvé dans la peinture un refuge, un exutoire, un langage capable de dire ce que les mots taisent. Sans passage par une école d’art, elle a bâti seule une œuvre à part, longtemps tenue à l’abri des regards. Peindre est devenu pour elle une respiration, un chemin de reconstruction et de partage.
La fuite – 2019 – 80 cm
Le cercle comme signature artistique
La singularité de son travail se révèle dans le choix du cercle comme format. Symbole universel des cycles de la vie et du mouvement perpétuel, il est devenu sa marque de fabrique. Contrairement au carré, rigide et normatif, le cercle ouvre un espace fluide, méditatif, presque sacré. Chaque toile circulaire de Kali devient ainsi un univers à part entière, invitant à la contemplation et à l’introspection.
La valse du temps – 2023 80 cms
Entre nature et engagement
Les œuvres de Kali révèlent une profonde connexion avec la nature. Plus qu’un motif, c’est une présence essentielle, presque spirituelle, qui traverse ses toiles. Ses peintures traduisent à la fois gratitude et alerte : hommage à la beauté du monde, mais aussi conscience de sa fragilité.
✨ À découvrir dans ART MAG (version papier & numérique)
Les séries les plus intimes de Kali, nourries de son vécu et de ses combats.
Des œuvres rarement montrées, entre douleur, transmission et résilience.
Sa vision de l’art comme acte de liberté, loin des logiques marchandes.
Une foire incontournable dédiée à l’art du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord
Du 25 au 27 octobre 2025, la Menart Fair revient pour sa 6ᵉ édition à la Galerie Joseph-Turenne (Paris 3ᵉ). Unique en Europe, cette foire d’art moderne et contemporain est consacrée exclusivement aux artistes du MENA (Middle East & North Africa). Elle s’inscrit désormais dans l’agenda de la Semaine de l’art à Paris, attirant collectionneurs, institutions et passionnés d’art du monde entier.
Avec une sélection exigeante d’une trentaine de galeries venues d’une dizaine de pays, Menart Fair propose un véritable instantané de la création contemporaine MENA, sur 1200 m² d’exposition.
Le thème 2025 : l’apologie de la douceur
Après une édition 2024 consacrée aux femmes artistes, la foire choisit en 2025 un fil rouge aussi poétique que politique : la douceur. Dans un monde traversé par la violence, la douceur devient langage de résistance, force intime et pouvoir de résonance. Elle s’exprime à travers la peinture, la photographie, la sculpture et la performance.
Des artistes et galeries à découvrir
Leily Derakhshani – Echoes on the Unseen (Azad Gallery, Iran)
Leily Derakhshani, Echoes on the Unseen, 2025, huile sur toile, 180×90 cm
Cette grande peinture abstraite déploie des nuances fluides et méditatives. La douceur y apparaît comme souffle invisible, entre présence et effacement.
Myriam Schahabian – The Beggar and the Prince (Yvonne Hohner Contemporary, Allemagne)
Myriam Schahabian, The Beggar and the Prince, 2024, grès émaillé, 20×38 cm
Sculpture en grès émaillé, l’œuvre explore la vulnérabilité humaine. La douceur s’incarne dans cette fragilité assumée, révélant une puissance silencieuse.
Kevork Mourad – The Woven Columns (Galerie Tanit, Liban/Allemagne)
Kevork Mourad, The Woven Columns, 2021, acrylique sur tissu de coton & plexi , 48x80x9 cm, photo d’installation, courtesy Galerie Tanit, Munich, 2022, Crédit photo : Sami Jo Naim
Entre peinture et performance, Mourad crée un univers visuel fluide, rythmé comme une partition musicale. La douceur est ici mouvement, geste et respiration.
Najat Makki – Sans titre (Forat Gallery, Bahreïn)
Najat Makki, Sans titre, 2025, technique mixte sur toile, 30×30 cm
Ses petits formats aux couleurs pastel et aux textures légères traduisent une sensibilité féminine et engagée. La douceur devient ici un outil de résistance.
Johanne Allard, Circling Drones (Iraq), 2025, broderie à la main sur papier coton 320 g, 43×31 cm, édition 3/3
Ses broderies sur papier, évoquant la guerre, transforment la douleur en geste réparateur. La douceur surgit dans le temps long de l’aiguille, qui recoud les cicatrices de l’Histoire.
Younès Ben Slimane – We knew how beautiful they were, these islands (Project Room, Tunisie)
Vidéo contemplative, où la lumière et le temps deviennent matières premières. La douceur s’impose comme une expérience sensorielle et spirituelle.
Le Revealing Sector et la Project Room
La Menart Fair se distingue par sa volonté de mettre en lumière les talents émergents :
Le Revealing Sector révèle des artistes comme Johanne Allard, dont les broderies sculpturales témoignent des cicatrices laissées par la guerre.
La Project Room, en partenariat avec Menart Friends, se consacre à la photographie contemporaine tunisienne à travers l’exposition Le temps creuse même le marbre.
Une foire à taille humaine, un rayonnement international
Loin des foires géantes, la Menart Fair offre une expérience conviviale et immersive où chaque rencontre compte. Plus qu’un marché, elle est un espace de dialogue culturel entre artistes, collectionneurs et institutions, renforçant les échanges entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
📍 Informations pratiques
Dates : 25 – 27 octobre 2025
Lieu : Galerie Joseph-Turenne, 116 rue de Turenne, 75003 Paris
Q : Qu’est-ce que la Menart Fair ? La Menart Fair est une foire d’art contemporain dédiée exclusivement aux artistes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.
Q : Quand a lieu Menart Fair 2025 ? Du 25 au 27 octobre 2025 à Paris.
Q : Quel est le thème 2025 ? Le thème est “L’apologie de la douceur”, fil rouge des expositions.
Q : Quels artistes sont à découvrir ? Leily Derakhshani, Myriam Schahabian, Kevork Mourad, Najat Makki, Johanne Allard et Younès Ben Slimane figurent parmi les temps forts.
Q : Pourquoi visiter la Menart Fair ? Parce qu’elle offre un panorama unique de la création contemporaine MENA, dans une ambiance conviviale et accessible.
Du 26 septembre au 3 octobre 2025, la ville de Valence devient le cœur battant de la création contemporaine. Abierto Valencias’impose désormais comme l’un des rendez-vous incontournables en Espagne pour découvrir les galeries d’art, les artistes émergents et les expositions inédites.
Bien plus qu’un simple gallery weekend, Abierto Valencia est une semaine culturelle qui combine vernissages, visites guidées, conférences, performances et rencontres entre artistes, collectionneurs et grand public.
Une scène valencienne en pleine effervescence
La particularité de l’édition 2025 est son ancrage local : la majorité des projets exposés sont portés par des artistes issus de la Communauté valencienne. Parmi eux :
Estefanía Serrano Soriano (Galería Cuatro) avec Línea y plano sin el punto, une exposition basée sur la ligne libre et la contemplation.
David Sánchez(La Mercería) avec Memorias de algo nuevo, une œuvre qui réinvente la temporalité à travers un dialogue entre géométrie et organicité.
María Esteve (Thema) avec Transitar la huella, une recherche sur les empreintes urbaines et les cicatrices de la ville.
Ces projets témoignent de la vitalité créative de Valence et de la capacité des artistes locaux à interroger mémoire, territoire et matière.
Une ouverture internationale
Abierto Valencia 2025 ne se limite pas à la scène locale : il accueille également des artistes internationaux qui apportent une respiration nouvelle.
Chingsum Jessye Luk(Hong Kong) présente How am I? (Set Espai d’Art), une réflexion sur le consumérisme et le travail au quotidien.
Miguel Rothschild (Argentine) expose Felices los que creen sin haber visto (Jorge López Galería), une série d’installations qui désacralisent l’imagerie religieuse.
Venske & Spänle (Allemagne) transforment le marbre en créatures étranges et vivantes, oscillant entre humour et inquiétante étrangeté.
Ces dialogues entre artistes espagnols et internationaux renforcent la dimension cosmopolite de l’événement et affirment la place de Valence comme hub artistique méditerranéen.
Lumière, couleur et matière
Nombreuses sont les expositions qui jouent sur la force plastique des matériaux.
Nuria Vidal (Alba Cabrera) présente Un espacio sin estragos, une peinture lumineuse et formelle.
Oliver Roura explore l’iridescence, transformant la lumière en vibrations colorées.
Antonio Ovejero, avec Si todo fuera terciopelo (CLC Arte), inaugure un nouvel espace d’exposition et propose une réflexion sur la mémoire domestique et l’élément quotidien.
Ces approches rappellent que l’art contemporain ne cesse de renouveler son rapport à la matière, oscillant entre expérimentations visuelles et profondeur symbolique.
Un manifeste collectif
La galerie Tuesday to Friday réunit pas moins de seize artistes dans l’exposition Nice to see you / Hope to see you again. Véritable hommage au parcours de la galerie, cette exposition collective illustre la dimension expérimentale et collaborative d’Abierto Valencia.
De son côté, Luis Adelantado propose Llaga de mar, alivio de monte, une réflexion à trois voix (Laura Palau, Andrés Izquierdo et Javi Cruz) autour du paysage, de la mémoire et du rituel.
Ces propositions collectives inscrivent l’événement dans une logique de partage et d’échange, où le spectateur n’est pas simple observateur mais acteur d’une scène vivante.
Pourquoi visiter Abierto Valencia 2025 ?
Pour découvrir les expositions phares de la saison avant leur diffusion internationale.
Pour explorer une scène artistique locale en pleine effervescence.
Pour rencontrer artistes émergents et confirmés.
Pour vivre une expérience culturelle immersive dans les galeries et musées de Valence.
FAQ – Abierto Valencia 2025
Qu’est-ce qu’Abierto Valencia ? Abierto Valencia est une semaine dédiée à l’art contemporain à Valence. Les galeries ouvrent leurs portes et proposent des expositions inédites.
Quand a lieu Abierto Valencia 2025 ? L’événement se déroule du 26 septembre au 3 octobre 2025.
Quelles galeries participent ? Parmi les galeries : Alba Cabrera, Jorge López Galería, La Mercería, Luis Adelantado, Shiras Galería, Set Espai d’Art, Rosa Santos, et bien d’autres.
Quels artistes découvrir cette année ? Nuria Vidal, David Sánchez, Mar Reykjavik, Estefanía Serrano Soriano, Miguel Rothschild, Chingsum Jessye Luk, Antonio Ovejero, entre autres.
Pourquoi visiter Abierto Valencia ? Pour découvrir la scène valencienne, rencontrer des artistes émergents, et vivre une semaine de découvertes culturelles dans une ville vibrante.
Une nouvelle fresque de Banksy cachée en quelques heures
Le 8 septembre 2025, une nouvelle œuvre de Banksy est apparue sur la façade des Royal Courts of Justice à Londres. Le pochoir représentait un juge britannique frappant un manifestant au sol, protégé seulement par une pancarte ensanglantée. Une image choc, immédiatement recouverte par des bâches et des palissades, avant même que le public puisse vraiment l’admirer.
Quand la justice se fait accusée
D’ordinaire, les pouvoirs publics protègent les œuvres du street artiste britannique avec panneaux transparents et dispositifs anti-graffiti. Ici, au contraire, l’intervention a été effacée presque aussitôt, comme si elle visait trop directement une institution fragile face à la critique. Banksy pointe du doigt une contradiction : une justice censée garantir la liberté d’expression, mais qui peut devenir l’outil de son étouffement.
Publication Instagram sur le compte de Banksy. Royal Courts of Justice, Londres, 08 septembre 2025
Un héritage contestataire assumé
Avec ce geste, Banksy s’inscrit dans la lignée de l’art politique britannique, du sarcasme de William Hogarth au langage visuel du punk. Son pochoir, rapide et incisif, frappe par sa lisibilité immédiate et sa portée universelle : qui protège encore le citoyen face aux puissants ?
L’ironie d’une disparition
La disparition physique de l’œuvre n’a pas empêché sa diffusion. Bien au contraire. Sur Instagram, Banksy a confirmé son authenticité en partageant une photo à ses 13 millions d’abonnés, déclenchant un raz-de-marée de réactions. Le paradoxe est total : empêcher de voir, c’est donner à voir plus fort. L’image interdite devient virale, renforçant son impact symbolique.
Un nouveau chapitre dans l’histoire de Banksy
Cette intervention s’ajoute aux grands coups de l’artiste – de Girl with a Balloon à ses œuvres en Cisjordanie – et confirme son rôle de conscience visuelle du monde contemporain. En une nuit et quelques traits de pochoir, Banksy rappelle que l’art n’est pas qu’ornement, mais résistance.
Depuis quelques années, le nom de Nicole Azoulay s’impose dans le paysage de l’art contemporain. Peintre autodidacte, elle travaille à l’acrylique, au couteau, sur de grands formats où la couleur prend une force presque incandescente. Ses œuvres, entre abstraction et émotion pure, captivent par leur intensité et leur sincérité.
Elle avait posé les pinceaux pendant plus de dix ans. Trop de deuils, trop de silence. Mais en 1926, à soixante ans, Blanche Hoschedé-Monet reprend ses couleurs. Un an plus tard, elle peint L’allée des rosiers, le jardin de Claude Monet à Giverny, une toile délicate, baignée de lumière et de souvenirs. Ce chef-d’œuvre rare est aujourd’hui visible au musée Blanche Hoschedé-Monet à Vernon, grâce à un dépôt exceptionnel du musée des Augustins de Toulouse.
Blanche et ses invités dans le jardin
Une femme dans l’ombre du maître… qui devient la mémoire vivante de Giverny
Blanche n’est pas seulement la belle-fille de Monet. Elle est sa plus proche élève, sa confidente artistique, et plus encore : la seule à reprendre le flambeau après sa disparition. Si ses œuvres furent longtemps négligées, elles méritent aujourd’hui d’être vues, regardées, ressenties.
Dans L’allée des rosiers, elle ne cherche pas à innover. Elle cherche à sauvegarder. Elle peint pour que le jardin ne disparaisse pas. Pour que la maison reste habitée. Pour que les souvenirs de Claude Monet — son beau-père, son maître, son monde — continuent de respirer à travers chaque fleur, chaque arceau, chaque lumière.
L’allée des rosiers
Une œuvre entre mémoire et consolation
Le tableau, peint après 1926, capte le jardin dans son état réel : les arbres abattus, les rosiers envahissants, les plates-bandes foisonnantes. Rien n’est figé : c’est la vie qui continue, malgré les absents.
On y sent une infinie tendresse. Une peinture du deuil et de la vie, où les couleurs deviennent une façon de rester debout. Comme l’écrivait Georges Clemenceau dans une lettre bouleversante à Blanche :
« Tenez-vous ferme à vos pinceaux. Ils possèdent et posséderont la vertu de vous faire oublier le vide. »
Le musée Blanche Hoschedé-Monet : un lieu de transmission et de matrimoine
À Vernon, à deux pas de Giverny, le musée qui porte son nom devient aujourd’hui le gardien de cette mémoire féminine. Deuxième musée de France à être dédié à une artiste femme, il expose des œuvres impressionnistes mais aussi des créatrices contemporaines.
Le dépôt de ce tableau de 1927 vient enrichir un parcours unique où l’on découvre non seulement l’art, mais aussi l’héritage d’une femme libre et courageuse, qui a choisi de vivre à travers la peinture.
📅 Ne manquez pas les Journées du Matrimoine
Pourquoi venir voir ce tableau ?
Pour ressentir l’émotion d’un lieu peint avec amour et fidélité.
Pour découvrir le travail méconnu mais bouleversant d’une femme impressionniste.
Pour explorer le musée de Vernon, au cœur de la Normandie, à deux pas de Giverny.
Pour célébrer la force de la transmission artistique au féminin.
📍 Infos pratiques :
Musée Blanche Hoschedé-Monet 12 rue du Pont – 27200 Vernon 📧 musee@vernon27.fr | 📞 02 32 64 79 05 🌐 vernon27.fr 🕒 Ouvert tous les jours sauf le lundi
Une peintre qui sublime l’invisible et révèle la trace
Chez Laurence Simon, ce ne sont pas les sujets flamboyants qui captent le regard, mais les traces oubliées : sacs noués, drapés fatigués d’échafaudages, blockhaus, meules de foin ou bidons rouillés. Sa peinture, patiente et charnelle, s’inscrit dans une démarche de résistance : elle sublime les fragments du quotidien laissés par l’homme sans jamais représenter la figure humaine.
Empreinte 146 x 114 cm
Une vocation née très tôt
« J’ai dit que je voulais être peintre à cinq ans. » Cet aveu d’enfance traduit la détermination de Laurence Simon. Issue d’une lignée d’artistes depuis le XVIIe siècle, son regard s’est nourri des Beaux-Arts, de Rome, de l’ex-Yougoslavie, de la Normandie ou plus récemment du Mexique. Peintre à contre-courant, elle refuse le spectaculaire pour privilégier le détail et le fragment.
Dante à Kyiv 65 x 50 cm
La beauté du rebut
L’univers de Laurence Simon commence souvent par une fascination :
la brillance du métal,
la mécanique étrange des roues de poubelles,
la paille des meules de foin,
les sacs oubliés, les murs usés par le temps.
Ces rebuts, simples et usés, deviennent archétypes universels sous son pinceau : le bidon devient une nature morte, le drapé une allégorie, la meule une installation. Elle ne copie pas : elle révèle. Un art habité par les ruines et la mémoire
Beethoven et Bourdelle au Luco 200 x 150 cm
Son œuvre se nourrit des ruines antiques de Rome, des villages mutilés du Monténégro, des silos normands, des oliviers centenaires, des paysages mexicains rêvés. Les objets abandonnés deviennent poésie picturale, les paysages détruits par la guerre se chargent d’une mémoire universelle. Laurence Simon revendique l’héritage de Dürer (pour ses drapés), de Patinir (pour ses détails discrets dans les Vierges) et rend hommage à Bourdelle et Beethoven dans ses fusains monumentaux.
Offrande
Une peinture de résistance et de lenteur
Installée entre Paris et le littoral, elle poursuit une œuvre solitaire, puissante et humble. Ses grands fusains noirs, presque musicaux, rassemblent les fragments du passé et du présent. Dans un monde qui s’accélère, Laurence Simon prend le temps de regarder. Et nous apprend à voir.
📖 À lire dans le numéro d’ART MAG (papier ou téléchargement)
Chaque guerre remet au premier plan la même urgence : sauver l’art avant qu’il ne disparaisse. De Jérusalem à Bagdad, de Reims à Kyiv, le patrimoine devient tour à tour butin, cible ou symbole. Derrière les murs des musées, un combat discret mais vital s’organise : documenter, protéger, mettre à l’abri. Préserver une œuvre, c’est préserver la mémoire de l’humanité entière.
Quand l’art devient une cible
Les destructions volontaires d’œuvres d’art sont aussi anciennes que les conflits.
Les Romains pillaient statues et mosaïques.
Les croisés ont arraché les trésors de Constantinople.
Les nazis ont orchestré un pillage systématique de l’art européen.
Cathédrale de Reims
Au XXᵉ siècle, le patrimoine français a été directement visé : la cathédrale de Reims bombardée, le Palais des Beaux-Arts de Lille vidé de ses collections, et la Joconde, plusieurs fois mise à l’abri pour échapper aux bombardements.
👉 Détruire une œuvre, c’est attaquer une identité. La protéger, c’est affirmer que même au cœur du chaos, la culture peut survivre.
Des exemples marquants de sauvetage
La Joconde : cachée à plusieurs reprises avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les manuscrits de Tombouctou : transférés en secret pour échapper aux flammes et aux pillages.
Les vitraux de Chartres : démontés avant les bombardements pour être sauvegardés.
Tombouctou Manuscrits
Ces récits illustrent une constante : chaque génération doit défendre son héritage artistique face aux tempêtes de l’Histoire.
🔒 La suite est réservée aux abonnés ART MAG
En vous abonnant, vous découvrirez :
Les méthodes modernes de protection mises en place par les musées (réserves-refuges, numérisation massive, réseaux internationaux).
Les opérations secrètes en Ukraine : icônes du musée Khanenko transférées et mises à l’abri.
Le rôle clé du Louvre-Lens dans la sauvegarde du patrimoine mondial.
Louvre lens - ukraine Notre dame de la Consolation
Le Louvre-Lens accueille une exposition exceptionnelle :Icônes venues d’Ukraine. Prêtées par le Musée national des arts Bohdan et Varvara Khanenko de Kyiv, ces œuvres sacrées du XVe au XVIIe siècle témoignent de la richesse et de la diversité de la peinture d’icônes, entre influences byzantines et occidentales. Leur éclat doré porte aussi les stigmates d’un exil forcé et rappelle que la sauvegarde du patrimoine est un combat vital.
Vue de l’exposition au Louvre Lens
Un sauvetage patrimonial unique
Seize icônes, parmi les plus précieuses des collections ukrainiennes, ont trouvé refuge en France après avoir été menacées par la guerre. Grâce à un accord exceptionnel entre institutions françaises et ukrainiennes, elles sont aujourd’hui exposées à la mezzanine du Louvre-Lens jusqu’au 15 décembre 2025. Ce geste de solidarité internationale illustre le rôle majeur des musées : protéger, documenter et transmettre le patrimoine, même en temps de conflit.
L’héritage de Théodoros Poulakis et des grands maîtres de l’icône
L’exposition met en lumière des chefs-d’œuvre du peintre crétois Théodoros Poulakis (1620-1692). Ses toiles monumentales comme Le Jugement dernier ou En toi se réjouit allient tradition byzantine et influences occidentales. Par leur composition verticale et leur richesse narrative, ces icônes traduisent une puissance visuelle exceptionnelle et t témoignent de la richesse de l’art orthodoxe du XVIIe siècle.
Ces images sacrées reflètent à la fois l’austérité du style byzantin et la richesse chromatique occidentale, illustrant la diversité de l’art religieux ukrainien.
Une scénographie immersive
Conçue par l’architecte Mathis Boucher, la scénographie invite au recueillement. Les icônes sont isolées dans une lumière mesurée, sans socle ni vitrine imposante, renforçant l’impression d’entrer dans un sanctuaire. Chaque visiteur circule à hauteur des œuvres, dans une intimité rare avec ces fragments d’âme et d’histoire.
Entre urgence et résilience
La présence de ces icônes en France est d’abord le fruit d’une opération de sauvegarde d’urgence, menée après les bombardements d’octobre 2022 contre le musée Khanenko de Kyiv. Avec l’aide de l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit (ALIPH), elles ont trouvé refuge au Centre de conservation du Louvre à Liévin, avant d’être présentées au public.
Ces œuvres ne sont pas de simples pièces d’art : elles incarnent l’âme d’un peuple, sa spiritualité et sa résilience. Leur exposition au Louvre-Lens résonne comme un message universel : affirmer que la culture peut survivre, être partagée et continuer à exister, même au cœur des ténèbres.
Informations pratiques
Exposition :Icônes venues d’Ukraine
Lieu : Louvre-Lens, Mezzanine
Dates : jusqu’au 15 décembre 2025
Entrée : libre
📖À lire dans le numéro d’ART MAG (version papier ou téléchargement)