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Julien Magic : quand la magie devient art contemporain

julien magic publié Magazine Art Mag

Du street illusionnisme aux musées internationaux, portrait d’un artiste qui fait vaciller le réel

Magicien mondialement suivi, Julien Dauphin sous son nom d’artiste Julien Magic franchit aujourd’hui un nouveau seuil : celui de l’art contemporain.
Entre illusions urbaines, installations radicales et surréalisme politique, l’artiste franco-suédois transforme la magie en véritable langage visuel. Portrait d’un créateur qui ne cherche plus à tromper l’œil, mais à réveiller la conscience.

Quand l’illusion devient matière à penser

Lorsqu’un magicien entre dans le champ de l’art contemporain, on pourrait s’attendre à une simple transposition du spectaculaire. Chez Julien Magic, c’est exactement l’inverse.
L’illusion n’est plus un effet, mais un outil critique.

Installé entre la Côte d’Azur et Stockholm, l’artiste a passé plus de trente ans sur les scènes du monde, d’Hollywood à Shanghai. Très tôt, il s’écarte pourtant de la magie classique :

  • moins de démonstration, plus de silence ;
  • moins de virtuosité technique, plus d’images troublantes.

Ses vidéos virales — un homme sans tête dans le métro, un lecteur assis dans le vide, un corps semblant glisser hors de lui-même à travers la ville — annoncent déjà une écriture visuelle singulière. Elles interrogent notre capacité d’étonnement, mais surtout nos zones d’aveuglement collectif.

Moderna Museet (Stockholm) Photo Filip Agoo

Le basculement artistique : de la rue au musée

Le tournant décisif survient lorsqu’un grand musée européen, le Moderna Museet de Stockholm, lui commande une installation. Julien Magic répond par un geste radical :
dormir en apesanteur, la tête posée sur une kalachnikov.

L’image est à la fois fragile et violente. Elle confronte l’abandon au conflit, l’intime au politique, l’innocence à la guerre. Le choc est immédiat. Le public afflue, les caméras aussi.

C’est là que l’artiste comprend que l’illusion, dépouillée de son rôle spectaculaire, peut devenir un révélateur de nos angoisses contemporaines.

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Un surréalisme du réel, social et politique

Dans ses dessins, sculptures et installations, Julien Magic développe un langage visuel qui dialogue avec l’histoire de l’art contemporain :
corps anonymes, objets détournés, situations impossibles.

Mais son surréalisme n’est pas onirique.
Il est social.

Crise climatique, violence symbolique, manipulation du visible : ses œuvres ne cherchent pas à mentir, mais à montrer autrement.
Comme il le résume lui-même :

« L’illusion n’est pas un mensonge. C’est une manière de montrer ce que la réalité préfère taire. »

Un artiste d’aujourd’hui, entre rue, scène et réseaux

Ce qui distingue Julien Magic (Julien Dauphin), c’est sa capacité à circuler librement entre des mondes que tout semble opposer.

  • Dans la rue, il confronte l’illusion au réel brut, au regard inattendu des passants.
  • Sur scène, il détourne les codes du spectacle pour questionner le corps et le regard.
  • Sur les réseaux sociaux, où il fédère plus de 19 millions d’abonnés, il transforme les plateformes en véritables laboratoires de perception.
  • Dans les musées, enfin, son travail acquiert une dimension conceptuelle affirmée, faisant de l’illusion un outil critique autant que poétique.

Il appartient à cette génération d’artistes pour qui le numérique n’est pas un obstacle à la création, mais un prolongement naturel du regard.

Vers une nouvelle étape

Ses nouvelles œuvres, actuellement en préparation pour plusieurs institutions internationales, prolongent une décennie de croquis longtemps restés secrets. Elles révèlent un artiste en pleine mutation, animé par une urgence nouvelle :
faire de l’étonnement une forme d’engagement.

Julien Magic ne se contente plus de créer l’illusion.
Il crée du sens.

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FAQ


Qui est Julien Magic ?

Julien Magic de son vrai nom Julien Dauphin est un artiste franco-suédois connu internationalement pour avoir transformé la magie en un véritable langage artistique contemporain. Après plus de trente ans sur les scènes du monde, il développe aujourd’hui des installations, dessins et œuvres conceptuelles exposées dans des contextes muséaux.


Julien Magic (Julien Dauphin) est-il magicien ou artiste contemporain ?

Il est les deux — et surtout l’un par l’autre. Son travail ne repose plus sur le tour de magie traditionnel, mais sur l’illusion comme outil critique. L’illusion devient un moyen d’interroger le réel, la perception, la violence sociale et politique


En quoi son travail se distingue-t-il de la magie classique ?

Contrairement à la magie spectaculaire, Julien Magic privilégie :
le silence plutôt que la démonstration,
l’image troublante plutôt que la prouesse technique,
la réflexion plutôt que la surprise immédiate.
Son approche se rapproche davantage de l’art conceptuel et du surréalisme contemporain.


Pourquoi parle-t-on d’illusion urbaine dans son travail ?

Parce qu’une grande partie de ses œuvres prennent place dans l’espace public : rues, métros, paysages urbains. Ces interventions confrontent l’illusion au quotidien brut et transforment la ville en scène artistique spontanée.


Julien Magic (Julien Dauphin) est-il présent dans les musées ?

Oui. Après un parcours international dans le spectacle vivant, il est désormais invité à produire des installations pour des institutions artistiques. Son entrée dans le champ muséal marque un tournant où l’illusion devient pleinement un outil de pensée contemporaine.


Quels thèmes aborde son œuvre ?

Son travail explore notamment :
la violence symbolique et politique,
la crise climatique,
la manipulation des images,
notre rapport au visible et à l’invisible.
Il ne cherche pas à tromper le spectateur, mais à révéler ce qui est habituellement ignoré.


Peut-on parler de surréalisme dans son art ?

Oui, mais d’un surréalisme du réel. Ses œuvres ne relèvent pas du rêve ou de l’onirisme, mais de situations impossibles ancrées dans notre monde social et politique.


Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans son travail ?

Les réseaux sociaux sont pour Julien Magic un laboratoire artistique. Avec plus de 19 millions d’abonnés, il y expérimente la réception de ses images et observe en temps réel la manière dont le public perçoit, partage et interprète l’illusion.


Où peut-on voir ses œuvres aujourd’hui ?

Ses œuvres circulent entre :
l’espace public,
la scène,
les plateformes numériques,
et désormais les institutions artistiques internationales.
De nouveaux projets et expositions sont actuellement en préparation.


Pourquoi Julien Magic (Julien Dauphin) est-il considéré comme un artiste contemporain à part entière ?

Parce qu’il ne se contente plus de produire des effets visuels.
Il utilise l’illusion pour créer du sens, questionner notre époque et proposer une lecture critique du monde contemporain.

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Actualités - Region

Le Salon CryptoXR ouvre à Auxerre : quatre jours dédiés à la crypto, au Web3 et à l’intelligence artificielle

Du 15 au 18 janvier, le Salon CryptoXR réunit professionnels, experts et grand public autour des grandes transformations numériques contemporaines. Crypto, Web3, intelligence artificielle, blockchain et nouveaux usages technologiques sont au cœur de cet événement pluridisciplinaire, conçu comme un espace d’échanges, de transmission et de découverte.

Installé à Auxerre, le salon entend rendre accessibles des thématiques souvent perçues comme complexes, en croisant approches technologiques, économiques, culturelles et pédagogiques.

Un salon dédié aux enjeux majeurs du numérique contemporain

Le Salon CryptoXR se distingue par une programmation large et structurée autour des technologies émergentes. Pendant quatre jours, le public peut assister à des conférences, participer à des ateliers, rencontrer des exposants et échanger avec des intervenants spécialisés.

Les thématiques abordées incluent notamment :

  • les usages et enjeux de la cryptomonnaie
  • le développement du Web3
  • les applications de l’intelligence artificielle
  • la blockchain et ses impacts économiques, sociaux et culturels

L’événement s’adresse aussi bien aux professionnels qu’aux visiteurs souhaitant s’informer ou s’initier à ces nouveaux écosystèmes.

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Espace exposition – œuvres certifiés nfc

Un espace consacré aux œuvres et à leur protection

Parmi les différents espaces proposés, le Salon CryptoXR consacre un volet spécifique aux œuvres d’art et aux questions de protection des créations à l’ère du numérique.
Cet espace met en lumière les usages culturels de la blockchain, notamment en matière d’authenticité, de droits d’auteur et de traçabilité.

Des œuvres de douze artistes comme Muliardo, Willfreed, Patte, Kali, Willfreed y sont présentées, illustrant la diversité des pratiques artistiques contemporaines et les nouveaux défis liés à la diffusion et à la protection des créations en ligne.

Chris The Art Agent

Sensibiliser aux droits et à la protection des créations

Dans ce cadre, Chris the Art Agent intervient pour accompagner les visiteurs et expliquer comment certaines technologies peuvent contribuer à mieux protéger et valoriser les œuvres d’art.
L’objectif est pédagogique : rendre compréhensibles des notions juridiques et techniques essentielles, sans les dissocier des usages concrets.

Un événement de transmission et de médiation

Le Salon CryptoXR accorde une place importante à la médiation. Les échanges avec les intervenants, les temps de questions-réponses et les ateliers permettent d’aborder la crypto, le Web3 et l’IA sous un angle accessible, loin des discours spéculatifs ou exclusivement techniques.

Cette volonté de transmission s’inscrit dans une démarche d’ouverture à tous les publics, du néophyte au professionnel.

Auxerre, cadre d’un rendez-vous numérique ouvert à tous

En accueillant le Salon CryptoXR, Auxerre devient le cadre d’un événement tourné vers l’avenir du numérique, sans que le territoire ne prenne le pas sur le contenu.
Le choix d’un ancrage hors des grandes métropoles souligne la volonté de diffuser ces sujets au plus près des publics.

Un rendez-vous pour comprendre les mutations numériques

Avec cette édition organisée du 15 au 18 janvier, le Salon CryptoXR s’affirme comme un temps fort d’information, de réflexion et de rencontre autour de la crypto, du Web3 et de l’intelligence artificielle.

Un événement qui entend accompagner les mutations numériques en cours, en donnant des clés de compréhension concrètes à l’ensemble des publics.

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FAQ – Salon CryptoXR

Qu’est-ce que le Salon CryptoXR ?

Le Salon CryptoXR est un événement dédié à la crypto, au Web3 et à l’intelligence artificielle, réunissant conférences, ateliers, exposants et espaces thématiques ouverts aux professionnels et au grand public.


Quels sujets sont abordés pendant le salon ?

Le Salon CryptoXR traite des enjeux liés aux cryptomonnaies, à la blockchain, au Web3, à l’intelligence artificielle et à leurs usages concrets, notamment économiques, culturels et sociétaux.


Quand a lieu le Salon CryptoXR ?

Le Salon CryptoXR se déroule du 15 au 18 janvier à Auxerre.

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Actualités - Paris - Peinture

Jean-Baptiste Greuze au Petit Palais : une exposition événement

Painted portrait of an elderly person with curly grey hair, depicted in three-quarter profile against a dark background. The face is softly lit, with a calm and serious expression. The person is wearing dark clothing with a white collar, in a classical pictorial style with brown and gold tones.
© GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Photo Thierry Le Mage

Du 16 septembre 2025 au 25 janvier 2026, le Petit Palais – musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris consacre une grande exposition à Jean-Baptiste Greuze, à l’occasion du tricentenaire de sa naissance.

Intitulée Jean-Baptiste Greuze. L’enfance en lumière, cette rétrospective ambitionne de réhabiliter une figure majeure, aujourd’hui trop méconnue, de la peinture du XVIIIᵉ siècle.

Admiré par Diderot, Greuze est l’un des peintres les plus audacieux de son temps, mêlant émotion et morale.

L’enfance au cœur de l’œuvre de Greuze

Chez Greuze, l’enfance occupe une place centrale dans un univers marqué par les Lumières.

Peinture représentant une jeune enfant assise, vêtue d’une robe blanche et d’un bonnet clair, serrant tendrement un petit chien noir et marron contre elle. L’enfant regarde le spectateur avec une expression douce et mélancolique, sur un fond sombre qui met en valeur les visages et les textures des vêtements.
Jean-Baptiste Greuze, Une Enfant qui joue avec un chien (portrait de Louise-Gabrielle Greuze), 1767.Huile sur toile, 62,9 × 52,7 cm. Angleterre, Collection particulière.© Collection particulière.

Innocents, rêveurs, espiègles ou confrontés à la violence du monde adulte, ils incarnent les espoirs et les tensions d’une société en mutation.

L’exposition aborde ainsi des thèmes clés du XVIIIᵉ siècle : éducation, famille et formation morale.

Un parcours riche et international

Réunissant près de cent œuvres, l’exposition bénéficie de prêts exceptionnels du Louvre, du Metropolitan Museum of Art, du Rijksmuseum, du musée Fabre et des collections royales britanniques.

Peinture de Jean-Baptiste Greuze représentant un enfant endormi sur un livre, scène intime évoquant l’enfance et l’éducation au XVIIIe siècle, présentée au Petit Palais à Paris.
Jean-Baptiste Greuze, Un enfant qui s’est endormi sur son livre, dit Le Petit
paresseux, 1755.Huile sur toile, 65 × 54,5 cm.Montpellier, musée Fabre.
© Musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole / Photo Frédéric
Jaulmes

Le parcours, structuré en plusieurs sections, accompagne le visiteur de la petite enfance aux seuils de l’âge adulte, révélant la profondeur psychologique et la modernité du regard de Greuze.

Scènes intimes et drames familiaux

Si Greuze célèbre la tendresse familiale, il n’élude jamais ses zones d’ombre. Ses scènes domestiques deviennent parfois de véritables théâtres du drame, marqués par les conflits familiaux et la perte de l’innocence. 

Peinture de scène dramatique montrant une famille réunie autour d’un père mourant allongé sur un lit. Les personnages expriment une grande détresse : une femme soutient le vieil homme, une jeune femme lève le bras dans un geste implorant, un enfant pleure, tandis qu’un jeune homme s’effondre à genoux, la tête dans les mains. À droite, deux adultes se tiennent à l’écart, accablés, et un petit chien traverse la scène au premier plan. L’intérieur sombre et les gestes expressifs renforcent l’atmosphère tragique et émotionnelle.
Jean-Baptiste Greuze, La malédiction paternelle. Le fils puni, 1778.
Huile sur toile, 131 × 163 cm.Paris, musée du Louvre. © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Photo Michel Urtado

Cette approche sans complaisance confère à son œuvre une force narrative et émotionnelle rare, qui résonne encore aujourd’hui.

Une scénographie immersive au Petit Palais

La scénographie évoque l’atmosphère d’un intérieur parisien du XVIIIᵉ siècle, alternant salons lumineux et espaces plus sombres.

Ce dispositif met en valeur la richesse chromatique des œuvres, renforce leur intensité émotionnelle et facilite la lecture pour le public contemporain.

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FAQ

Où se déroule l’exposition Jean-Baptiste Greuze ?

L’exposition a lieu au Petit Palais – musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.

Quelles sont les dates de l’exposition ?

Elle est visible du 16 septembre 2025 au 25 janvier 2026.

Pourquoi Jean-Baptiste Greuze est-il un artiste important ?

Greuze est une figure majeure du XVIIIᵉ siècle, reconnu pour ses scènes de genre et ses représentations novatrices de l’enfance, en lien direct avec la pensée des Lumières.

Combien d’œuvres sont présentées ?

L’exposition réunit environ 100 œuvres, dont des peintures, dessins et estampes provenant de collections internationales.

À qui s’adresse cette exposition ?

Elle s’adresse ainsi aussi bien aux amateurs d’art qu’au grand public, grâce à un parcours pédagogique et émotionnellement accessible



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Actualités - Paris - Peinture - Photographie

Ne manquez pas les 3 expositions phares du Petit Palais

Facade of the Petit Palais in Paris, with its monumental columns and ornate dome, under a blue sky.
typhoonski de Getty Images

Le Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, propose actuellement un parcours exceptionnel à travers trois expositions majeures, allant du XVIIIᵉ siècle à la création contemporaine.

Peinture classique, regard moderne sur la ville et immersion dans les paysages nordiques : ces expositions offrent une diversité artistique rare, à découvrir sans tarder.

P Jean-Baptiste Greuze – L’enfance en lumière

Jusqu’au 25 janvier 2026

Peintre incontournable du XVIIIᵉ siècle, Jean-Baptiste Greuze (1725–1805) place l’émotion et la morale au cœur de son œuvre.

Enfance, scènes familiales et drames domestiques deviennent les sujets d’une peinture profondément expressive.

Peinture de Jean-Baptiste Greuze représentant un jeune homme assis à l’intérieur, tenant une mandoline contre lui, dans une scène intimiste du XVIIIᵉ siècle aux accents moraux et sentimentaux.
Jean-Baptiste Greuze, L’Oiseleur accordant sa guitare, 1757.Huile sur toile, 62 × 48 cm.
Varsovie, National Museum © Varsovie National Museum / photo Krzysztof Wilczyński.

Regards, gestes, attitudes : chaque détail participe à une narration chargée de sens. L’exposition met en lumière une œuvre qui oscille entre peinture de genre et peinture d’histoire, annonçant une nouvelle sensibilité dans l’art européen.

Une plongée émouvante dans l’intime et les valeurs du siècle des Lumières.

Bilal Hamdad – Paname

Jusqu’au 8 février 2026

Avec Paname, Bilal Hamdad investit le Petit Palais d’une peinture résolument contemporaine. À partir de photographies prises sur le vif, l’artiste compose de grandes scènes urbaines : cafés, rues, métros, foules silencieuses.

Peinture contemporaine de Bilal Hamdad représentant un homme allongé dans un cours d’eau, vêtu d’un bleu vif, flottant immobile dans un paysage naturel sombre et silencieux.
Bilal Hamdad, Nuit égarée, 2023.Huile sur toile, 160 × 200 x 4,5 cm.
Fondation François Schneider. © Fondation François Schneider – Wattwiller, photo Steeve Constanty © Adagp, Paris, 2025

Ses tableaux, marqués par un clair-obscur maîtrisé et des cadrages serrés, donnent à voir un Paris dense mais introspectif, où la solitude persiste au cœur de la foule. Nourrie par l’histoire de l’art, sa peinture affirme la pertinence du figuratif aujourd’hui.

Un regard sensible et actuel sur la ville et ses habitants.

Pekka Halonen – Un hymne à la Finlande

Jusqu’au 22 février 2026


Figure majeure de l’âge d’or de la peinture finlandaise, Pekka Halonen (1865–1933) consacre son œuvre à la nature nordique.

Forêts enneigées, rivières gelées et scènes rurales composent une peinture du silence et du temps long.

Tableau de Pekka Halonen montrant des bûcherons travaillant ensemble en forêt, abattant un arbre à l’aide de longues perches, dans un paysage nordique aux tons doux et naturalistes.
Pekka Halonen, Pionniers en Carélie, 1900 Huile sur toile, 200 × 237 cm.
Helsinki, Ateneum Art Museum. © Finnish National Gallery / Aleks Talve

À travers une maîtrise subtile de la lumière et de la couleur, Halonen transforme la neige en véritable matière picturale. L’exposition met en lumière une relation profonde entre l’homme et son environnement, empreinte de contemplation et de sobriété..

Une immersion poétique dans les paysages du Nord, entre réalisme et spiritualité.

Pourquoi visiter ces trois expositions au Petit Palais ?

  • Trois époques majeures de l’histoire de l’art
  • Un dialogue entre peinture classique et contemporaine
  • Une programmation accessible au grand public comme aux amateurs d’art
  • Un cadre patrimonial exceptionnel, au cœur de Paris

A lire aussi :

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FAQ

Quelles sont les expositions à voir actuellement au Petit Palais ?

Le Petit Palais présente actuellement trois expositions : Pekka Halonen, Bilal Hamdad – Paname et Jean-Baptiste Greuze.

Jusqu’à quand peut-on visiter ces expositions ?

Les expositions sont visibles entre janvier et février 2026, selon les artistes : Greuze jusqu’au 25 janvier, Hamdad jusqu’au 8 février et Halonen jusqu’au 22 février 2026.

Ces expositions sont-elles adaptées au grand public ?

Oui. Les parcours sont pédagogiques, accessibles et conçus pour un large public, tout en offrant une lecture approfondie pour les amateurs d’art.

Le Petit Palais est-il gratuit ?

Les collections permanentes sont gratuites. Les expositions temporaires peuvent être payantes selon la programmation.

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Actualités - Edito

Édito – ART MAG #30 Art contemporain, marché de l’art et transmission des œuvres

Delphine Jonckheere _ art mag EDITO

Regarder l’art aujourd’hui : entre regard, confiance et transmission

Regarder une œuvre d’art contemporain, ce n’est jamais un simple acte esthétique. C’est entrer dans une histoire, comprendre un geste, accorder sa confiance à un artiste, à un regard, à un écosystème. À l’heure où le marché de l’art contemporain est en pleine mutation — entre nouvelles technologies, mondialisation et question de la traçabilité — le regard porté sur l’art devient un enjeu central.

Avec ce numéro 30, ART MAG, magazine d’art contemporain indépendant, explore une question essentielle :
comment regarder, collectionner et transmettre l’art aujourd’hui ?

👉 Commander ART MAG #30

hris The Art Agent et Wendy Lauwers photographiés dans une galerie d’art contemporai
Chris The Art Agent et Wendy Lauwers – photo Patrick Deguine

Art contemporain et nouveaux acteurs du marché de l’art

La couverture de ce numéro met en lumière Chris The Art Agent et Wendy Lauwers, un duo emblématique qui incarne les nouvelles dynamiques du marché de l’art contemporain.

Chris The Art Agent agit comme passeur de confiance entre artistes et collectionneurs. Spécialiste de la certification des œuvres d’art par la blockchain, il accompagne les artistes dans la protection, la traçabilité et la valorisation de leurs œuvres à l’ère numérique, sans jamais en trahir l’âme.

À ses côtés, Wendy Lauwers, fondatrice de Multi Art Gallery Monaco, développe une vision profondément humaine du rôle de la galerie d’art contemporain. Entre commissariat d’exposition, accompagnement des artistes et relation sensible avec les collectionneurs, elle construit des scènes artistiques cohérentes, exigeantes et internationales, de Monaco à Dubaï, de Miami à la Côte d’Azur.

Ensemble, ils redessinent les contours d’un marché de l’art plus lisible, plus sécurisé et plus humain.

👉 Commander ART MAG #30

Peinture figurative contemporaine de Frédérique Samama, portrait masculin en gros plan, main devant le visage exprimant la contemplation, technique mixte huile, acrylique et pierre noire, œuvre d’art originale.
Artiste : Frédérique Samama – Contemplation – Huile, acrylique et pierre noire – 92×73 cm

Artistes contemporains : créer, exposer, transmettre

Autour de ce duo gravite une génération d’artistes contemporains dont les œuvres interrogent le regard et la mémoire : Willfreed, Frédérique Samama, Julien Magic, Flo Muliardo, Angélique Patte, Dominique Gautier, Sonia Souissi ou encore Dannie Launay.

Peinture, photographie, art textile, installation, illusion visuelle, art numérique : ces pratiques multiples traduisent une même exigence — faire de l’art un langage vivant, inscrit dans son époque.

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Galeriste et expert en art dans un espace de collection, entouré de cadres et d’œuvres d’art, illustrant le marché de l’art, la collection privée et l’expertise artistique contemporaine.
© TommL /canva

Transmission des œuvres et héritage artistique

Le dossier central « Hériter du regard : l’art et après ? » prolonge cette réflexion en abordant un sujet clé pour les collectionneurs d’art : la transmission des œuvres et des collections privées.

Succession, fiscalité, donations, fondations privées, dation aux musées, mais aussi conflits familiaux ou choix éthiques : transmettre une œuvre d’art, c’est transmettre bien plus qu’un objet. C’est transmettre une vision, un regard, une responsabilité.

Dans ce contexte, la certification des œuvres, la traçabilité et l’accompagnement des collectionneurs deviennent des enjeux majeurs du marché de l’art contemporain — des problématiques au cœur du travail de Chris The Art Agent.

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ART MAG : un magazine d’art contemporain engagé

À travers ses éditoriaux, ses portraits d’artistes, ses enquêtes sur le marché de l’art et son agenda d’expositions, ART MAG affirme une ligne claire :

l’art contemporain n’existe que lorsqu’il circule, se protège et se transmet.

Qu’il soit exposé en galerie, présenté en foire internationale, certifié par les nouvelles technologies ou confié à une génération future, l’art reste avant tout un langage humain, sensible et vivant.

Regarder l’art, c’est déjà transmettre

Ce numéro d’ART MAG invite artistes, collectionneurs et amateurs d’art à repenser leur relation aux œuvres, au marché et à la transmission.

Bonne lecture

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A lire aussi :


❓ Foire aux questions – Art Mag

Qu’est-ce que Art Mag ?

Art Mag est un magazine indépendant consacré à l’art contemporain, au marché de l’art et à ses acteurs : artistes, collectionneurs, galeristes et institutions culturelles.


À qui s’adresse Art Mag ?

Art Mag s’adresse aux amateurs d’art, collectionneurs, professionnels du secteur et à toute personne souhaitant découvrir ou approfondir sa connaissance de l’art contemporain.


À quelle fréquence paraît Art Mag ?

Art Mag est un magazine bimestriel, avec des numéros thématiques proposant dossiers de fond, interviews et actualités artistiques.


Quels sujets sont abordés dans le magazine ?

Le magazine traite notamment :
– d’art contemporain et moderne
– du marché de l’art et de la collection
– des artistes à la une
– des expositions et institutions
– de la transmission et de la succession des collections d’art


Art Mag s’adresse-t-il aussi aux débutants en art ?

Oui. Art Mag adopte une approche accessible et pédagogique, tout en proposant des contenus approfondis pour les lecteurs plus expérimentés.


Où peut-on acheter Art Mag ?

Art Mag est disponible à la commande sur le site internet ainsi qu’en version numérique


Les artistes peuvent-ils proposer leur travail à Art Mag ?

Oui. Les artistes peuvent soumettre leur travail via la rubrique Contact du site. Chaque proposition est étudiée par la rédaction.


Comment suivre l’actualité d’Art Mag ?

Vous pouvez suivre Art Mag via le site officiel, la newsletter et les réseaux sociaux afin d’être informé des nouvelles parutions et actualités.

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Actualités - Agenda - Femmes artistes - Paris - Peinture

Exposition Mickalene Thomas au Grand Palais – All About Love

Portrait d'une personne souriante vêtue d'une veste de costume sombre, d'une casquette noire et de grandes lunettes rectangulaires. Elle porte des bijoux en or, notamment une bague articulée et un bracelet, et pose avec une main près du visage sur un fond neutre.
Joshua Woods 2025

Présentée au Grand Palais, l’exposition All About Love de Mickalene Thomas propose une immersion dense et structurée dans l’univers d’une artiste majeure de la scène contemporaine internationale. À travers un ensemble d’œuvres emblématiques, le parcours interroge les notions de représentation, d’intimité et de construction du regard dans l’histoire de l’art occidental.

Sans chercher l’effet spectaculaire, l’exposition s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place des corps, des identités et des récits longtemps marginalisés, tout en laissant au visiteur une liberté d’interprétation constante.

Œuvre A Moment’s Pleasure #2 (2008) de Mickalene Thomas, représentant deux femmes assises dans un intérieur stylisé, aux motifs colorés et textures décoratives, mêlant strass, peinture acrylique et émail.
A Moment’s Pleasure #2 2008 Strass, peinture acrylique et émail sur panneau de
bois 182.9 x 213.4 cm © 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris

Une exposition construite comme un récit

All About Love ne se présente pas comme une simple rétrospective. Le parcours est conçu comme une narration progressive, où chaque salle dialogue avec la précédente. Les œuvres — peintures, collages, photographies et installations — s’inscrivent dans une continuité visuelle marquée par des compositions frontales, des textures complexes et une esthétique volontairement affirmée.

Le visiteur n’est pas guidé par un discours explicatif omniprésent, mais par une succession de propositions visuelles qui invitent à l’observation attentive. Cette approche laisse une place importante à la perception individuelle, tout en suggérant une réflexion sur les mécanismes de visibilité et de reconnaissance dans l’art.

Représentation et regard : un enjeu central

Le travail de Mickalene Thomas interroge la manière dont certains corps ont été historiquement représentés — ou absents — des récits artistiques dominants. Dans All About Love, cette question est abordée sans didactisme excessif, mais par la récurrence de figures féminines puissantes, assumant leur présence dans l’espace pictural.

L’exposition met ainsi en lumière un renversement du regard traditionnel : le spectateur n’est plus uniquement observateur, il est confronté à des œuvres qui semblent soutenir, voire interroger, son propre regard. Cette dynamique crée une tension discrète mais constante tout au long du parcours.

L’amour comme structure narrative

Le titre de l’exposition, All About Love, ne renvoie pas à une approche sentimentale au sens classique. Il fonctionne plutôt comme un fil conducteur conceptuel. L’amour y apparaît comme un espace de relation — à soi, aux autres, à l’histoire culturelle — plutôt que comme une émotion isolée.

Cette approche permet d’aborder des thématiques sociétales complexes sans les figer dans un discours unique. L’exposition suggère que l’intime et le politique ne sont pas nécessairement opposés, mais peuvent coexister dans une même expérience esthétique.

Composition en collage et techniques mixtes représentant une femme vêtue d’une robe verte à motifs, allongée sur un canapé, avec une coiffure afro et des coussins décoratifs sur un fond aux motifs colorés.
Afro Goddess Looking Forward 2015 Strass, acrylique et huile sur panneau de bois, 152,4 x 243,8 x 5,1 cm © 2025 Mickalene Thomas / ADAGP, Paris

Œuvres et dispositifs marquants

Plusieurs œuvres emblématiques structurent le parcours, notamment par leur format et leur placement dans l’espace. Les jeux de matières, les références à l’histoire de l’art, au design et à la culture populaire créent une lecture à plusieurs niveaux.

Dans cette continuité, certaines pièces imposent une présence physique forte, tandis que d’autres invitent à une contemplation plus distanciée. Cette alternance contribue à un rythme de visite équilibré, évitant l’effet de saturation visuelle.

Une exposition accessible sans être simplifiée

L’un des points notables de All About Love réside dans son accessibilité. L’exposition ne nécessite pas de connaissances approfondies en art contemporain pour être comprise, tout en offrant des niveaux de lecture multiples aux visiteurs plus avertis.

Les textes de salle accompagnent le parcours sans surinterprétation, laissant la possibilité d’une découverte intuitive. Cette neutralité apparente participe à la qualité de l’expérience, en évitant une orientation trop directive du regard.

Pourquoi cette exposition s’inscrit dans le contexte actuel

Présentée dans un lieu institutionnel majeur comme le Grand Palais, All About Love s’inscrit dans un contexte plus large de réévaluation des récits artistiques et culturels. Sans revendiquer un positionnement militant explicite, l’exposition reflète des questionnements contemporains sur la diversité des voix et des représentations dans l’art.

À ce titre, elle s’inscrit dans une évolution progressive des institutions culturelles, cherchant à élargir les perspectives sans rompre avec leurs cadres historiques.

Informations pratiques

  • Lieu : Grand Palais, Paris
  • Exposition : All About Love Mickalene Thomas
  • Dates : 17 décembre au 5 avril 2026
  • Durée moyenne de visite : environ 1h à 1h30

A lire aussi : Paris Photo 2025 : la photographie au prisme du monde contemporain

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FAQ

1. Quelles sont les dates de l’exposition “Mickalene Thomas – All About Love” ?

L’exposition se tient du 17 décembre 2025 au 5 avril 2026 au Grand Palais à Paris.

2. Qui est Mickalene Thomas ?

Mickalene Thomas est une artiste américaine majeure de l’art contemporain. Son travail mêle strass, peinture, matériaux mixtes et représentations puissantes des femmes noires. Elle est reconnue pour son esthétique éclatante et son engagement féministe.

3. Quelles œuvres importantes seront visibles dans l’exposition ?

Des pièces emblématiques comme A Moment’s Pleasure #2, Sleep: Deux femmes noires, Untitled #10, Afro Goddess Looking Forward, Guernica Detail (Resist #7) ou encore Clarivel Face Forward Gazing seront présentées. 

4. Pourquoi l’exposition “All About Love” est-elle considérée comme incontournable ?

Elle conjugue un thème universel, une esthétique innovante, un engagement politique fort et une scénographie immersive exceptionnelle, en faisant l’un des événements culturels majeurs de 2025–2026.

6. Où acheter des billets ?

Les billets seront accessibles sur le site du Grand Palais et auprès des revendeurs culturels partenaires

Quelle exposition à voir début d’année 2026 ?

L’exposition de Mickalene Thomas est visible jusqu’ au 5 avril 2026 au Grand Palais à Paris

L’exposition est-elle accessible à un public non spécialiste ?

Oui. Le parcours est lisible sans connaissances préalables, tout en proposant plusieurs niveaux d’interprétation.

S’agit-il d’une exposition engagée ?

L’exposition aborde des thèmes sociétaux contemporains, mais sans discours prescriptif. Elle privilégie la suggestion et l’analyse visuelle.

Combien de temps prévoir pour la visite ?

En moyenne, entre une heure et une heure trente selon le niveau d’attention accordé aux œuvres.

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Weston & Mitchell : un siècle de modernité photographique réinventé à la MEP

Photographic diptych: on the left, two black men in a contemporary setting by Tyler Mitchell, one seated in an armchair and the other standing in front of a painted backdrop; on the right, a black-and-white female nude photographed by Edward Weston, her body curled up in contrasting light.
© Tyler Mitchell © Center for Creative Photography

Du 15 octobre 2025 au 25 janvier 2026, la Maison Européenne de la Photographie propose un diptyque exceptionnel en réunissant Edward Weston et Tyler Mitchell dans deux expositions parallèles.

Séparés par un siècle mais unis par une même ambition faire de la photographie un langage de modernité et de révélation.Ils incarnent deux manières radicalement distinctes d’interroger le réel.

La saison 2025 de la MEP met ainsi en lumière, d’un côté, le passage fondateur de Weston au modernisme, et de l’autre, l’émergence d’une vision nouvelle portée par Mitchell, où beauté, autodétermination et imaginaire noir se déploient avec force.

Edward Weston modernité révélée : naissance d’un regard moderne

L’exposition Modernité révélée offre la plus vaste présentation de l’œuvre de Weston à Paris depuis près de trente ans. Elle réunit plus de cent tirages d’époque, dont plusieurs jamais montrés en France, issus du Wilson Centre for Photography. 

L’ensemble retrace ses influences, ses ruptures et son rôle décisif au sein du groupe f/64, défenseur d’une photographie pure et non manipulée.  

Du pictorialisme à la rigueur moderniste

Le parcours montre comment Weston évolue rapidement d’un pictorialisme aux flous allégoriques vers une photographie épurée fondée sur la netteté, la précision et la recherche d’une forme essentielle. 

Deux images emblématiques, réalisées à un an d’intervalle, témoignent de ce basculement :

  • M on the Black Horsehair Sofa (1921), encore pictorialiste,
  • Tina Modotti (Nude in Studio) (1922), d’une modernité tranchante.
Photographie en noir et blanc d’une personne nue assise sur un tabouret, tournée vers la gauche dans un vaste studio. La figure, légèrement courbée et tenant un objet fin dans la main, est placée près d’un rideau sombre qui occupe presque toute la largeur de l’image. Le sol en bois et deux autres tabourets espacés complètent la scène minimaliste.
Edward Weston, Tina Modotti (Nude in Studio), 1922 © Center for Creative Photography, Arizona Board of Regents / Edward Weston, Adagp, Paris, 2025 Courtesy Wilson Centre for Photography

Le Mexique : laboratoire d’audace visuelle

Aux côtés de Tina Modotti, photographe et militante, Weston développe un langage plus contrasté, immédiat et audacieux, nourri d’expérimentations formelles. Ses portraits, natures mortes et études de formes naturelles deviennent des icônes du modernisme.

Des séries mythiques

Les années 1930 consacrent son style :

  • les poivrons,
  • les coquillages,
  • les nus de Charis,
  • les paysages de Point Lobos.

Weston y révèle une photographie sculpturale, focalisée sur la forme et la lumière, à la recherche de ce qu’il nomme « l’essence même de la chose ».  

Pour les amateurs d’art et de photographie, l’exposition constitue l’un des temps forts culturels de la rentrée.

Tyler Mitchell — Wish This Was Real : l’utopie noire au présent

Au même moment, la MEP présente Wish This Was Real, première exposition personnelle en France du photographe américain Tyler Mitchell, né en 1995. 

Son œuvre, multiforme : photographie, vidéo, textile explore la beauté, la mémoire et la liberté à travers des représentations lumineuses des personnes noires.  

Mitchell, devenu célèbre en 2018 en photographiant Beyoncé pour Vogue US, propose un travail où douceur, mise en scène et revendication politique coexistent harmonieusement.  

Vies / Libertés : la jeunesse comme espace d’émancipation

Ses premières images, influencées par le skateboard et Tumblr, montrent des scènes de camaraderie et de liberté. Elles incarnent une utopie quotidienne face à un contexte social souvent hostile, faisant de la joie un acte d’autoprotection.  

Postcoloniale / Pastorale : la terre comme mémoire

Dans une relecture du paysage pastoral, Mitchell inscrit les corps noirs au centre d’un imaginaire romantique mais conscient des blessures de l’histoire. Ses œuvres textiles amplifient ce geste symbolique en introduisant matière et transparence.

Famille / Fraternité : l’intimité comme archive vivante

À Brooklyn, Mitchell met en scène proches et amis dans des intérieurs emblématiques de la vie noire américaine. Héritier de Gordon Parks et Deborah Willis, il explore la transmission, le foyer et la représentation comme outils d’ancrage identitaire.

Portrait de deux hommes noirs, l’un assis sur les épaules de l’autre, dans une lumière dorée et un paysage naturel, photographie de Tyler Mitchell.
Tyler Mitchell, Untitled (Topanga II), 2017Courtesy of the artist and Gagosian ©Tyler Mitchell

Un dialogue inédit entre deux visions de la modernité

En réunissant Weston et Mitchell, la MEP propose une lecture transversale de la photographie :

• Weston révèle le monde en le dépouillant,

• Mitchell transforme le réel en l’illuminant.

L’un construit la modernité, l’autre la réinvente.

L’un travaille la forme, l’autre travaille l’imaginaire.

Leurs œuvres montrent combien la photographie reste un terrain d’exploration, de vérité et d’émancipation.  

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FAQ

Pourquoi Weston et Mitchell sont-ils exposés ensemble ?

La MEP souhaite montrer comment la photographie, séparée par un siècle, reste un langage de modernité : Weston révèle la forme, Mitchell réinvente l’imaginaire.  

Quelles sont les dates de l’exposition ?

Du 15 octobre 2025 au 25 janvier 2026 à la MEP, Paris.  

Que voir dans l’exposition Weston ?

Plus de cent tirages d’époque, dont des icônes : poivrons, coquillages, Charis, dunes d’Oceano, paysages de Point Lobos.  

Que voir dans l’exposition Mitchell ?

Des œuvres lumineuses explorant jeunesse, utopie, paysage postcolonial et mémoire familiale, ainsi que des pièces textiles innovantes

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Un événement majeur : Edward Weston à la MEP en 2025

Photographie en noir et blanc représentant une personne nue assise au sol, le corps replié et la tête inclinée vers les genoux. Les bras entourent les jambes, formant une composition sculpturale où la lumière met en valeur les lignes, ombres et textures du corps.

La Maison Européenne de la Photographie (MEP) signe l’un des événements culturels phares de la saison 2025-2026 en présentant Modernité révélée, la plus grande rétrospective consacrée à Edward Weston à Paris depuis près de trente ans.

Cette exposition exceptionnelle, visible du 15 octobre 2025 au 25 janvier 2026, retrace plus de trois décennies de création, de 1908 à 1945, et met en lumière l’évolution radicale du photographe, passé du pictorialisme au modernisme le plus pur.  

Edward Weston : du pictorialisme au modernisme radical

Le parcours montre comment Weston passe d’un pictorialisme aux flous allégoriques à une photographie dépouillée, fondée sur la netteté, la rigueur et la recherche d’une forme essentielle.

Deux œuvres placées en ouverture de l’exposition illustrent ce tournant décisif :

  • M on the Black Horsehair Sofa (1921), emblématique du pictorialisme ;
  • Tina Modotti (Nude in Studio) (1922), où surgit une modernité tranchante, directe et dépouillée.
Photographie en noir et blanc d’une personne nue assise sur un tabouret, tournée vers la gauche dans un vaste studio. La figure, légèrement courbée et tenant un objet fin dans la main, est placée près d’un rideau sombre qui occupe presque toute la largeur de l’image. Le sol en bois et deux autres tabourets espacés complètent la scène minimaliste.
Edward Weston, Tina Modotti (Nude in Studio), 1922 © Center for Creative Photography, Arizona Board of Regents / Edward Weston, Adagp, Paris, 2025
Courtesy Wilson Centre for Photography

Ces deux images, séparées d’un an seulement, témoignent d’une métamorphose fulgurante du regard westonien.  

Le Mexique : catalyseur de liberté et d’audace

Le passage de Weston au Mexique entre1923 et 1926 marque une étape capitale. Aux côtés de Tina Modotti, il développe un langage plus contrasté, immédiat et audacieux, nourri d’expérimentations techniques

Durant cette période, Weston se passionne pour les formes naturelles : coquillages, fruits, objets du quotidien. Chaque motif devient un terrain d’abstraction, révélant sa quête obsessionnelle de pureté formelle. Les œuvres réalisées alors – notamment Excusado (1926) ou Shells (1927) – comptent parmi ses images les plus iconiques.  

Photographie en noir et blanc d’un grand coquillage aux formes lisses et arrondies, composé de deux volumes ovoïdes serrés l’un contre l’autre. La surface du coquillage présente des stries fines, tandis qu’une collerette externe s’enroule partiellement autour des formes. L’éclairage met en valeur les courbes et la texture subtile de la coquille.
Edward Weston, Shells, 1927 © Center for Creative Photography, Arizona Board of Regents / Edward Weston, Adagp, Paris,
2025 Courtesy Wilson Centre for Photography

Les années 1930 : l’aboutissement d’un style révolutionnaire

Les années 1930 voient éclore certaines des photographies les plus célèbres de Weston. Ses études de poivrons, véritables sculptures de lumière, incarnent cette recherche de forme essentielle. Il y révèle « l’essence même de la chose », selon ses propres mots.

Dans le même esprit, les nus d’Oceano ou le mythique Charis, Santa Monica (Nude in Doorway) (1936) traduisent une maîtrise totale de la lumière et un sens sculptural du corps. Weston élève alors la photographie au rang d’art autonome, débarrassé de toute référence picturale.  

Point Lobos : un laboratoire de formes et de lumière

À la fin des années 1920, Weston explore inlassablement les paysages de Point Lobos en Californie.

Roches, dunes, arbres, érosions deviennent autant de compositions géométriques naturelles. Des œuvres telles que Sandstone Erosion (1942) ou ses vues de Big Sur et Death Valley confirment son rôle majeur dans l’émergence d’une photographie moderniste américaine rigoureuse, dense et visionnaire.  

Une rétrospective d’envergure mondiale

La MEP réunit plus de cent tirages d’époque, dont plusieurs inédits en France, issus du Wilson Centre for Photography. L’exposition retrace les influences, ruptures et intuitions de Weston, ainsi que son rôle clé dans le groupe f/64, défenseur d’une photographie pure et non manipulé

Un catalogue richement illustré, dirigé par Elisa Monteillet, accompagne cette exposition qualifiée d’historique par l’institution. 

Pourquoi cette exposition est incontournable en 2025 ?

  • Un retour rare : Weston n’avait pas été exposé à Paris à une telle échelle depuis près de trois décennies.
  • Des œuvres iconiques exposées dans leurs tirages originaux.
  • Un parcours pédagogique qui retrace la naissance du modernisme photographique.
  • Un événement porté par la MEP, référence européenne de la photographie.

Pour les amateurs d’art et de photographie, cette exposition est l’un des temps forts culturels de la rentrée

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FAQ

Qui est Edward Weston ?

Edward Weston est l’un des pionniers de la photographie moderniste du XXe siècle. Son travail explore la netteté, la forme et la lumière, transformant objets, paysages et corps en compositions sculpturales.  

Que présente l’exposition « Modernité révélée » à la MEP ?

L’exposition réunit plus de cent tirages d’époque retraçant l’évolution de Weston, depuis le pictorialisme de ses débuts jusqu’à ses chefs-d’œuvre modernistes des années 1930.  

Quand visiter l’exposition Edward Weston à la MEP ?

La Maison Européenne de la Photographie (Paris) accueille l’exposition du 15 octobre 2025 au 25 janvier 2026

Qu’est-ce qui fait d’Edward Weston un maître de la photographie ?

Weston a révolutionné la photographie en refusant les artifices pictorialistes, en privilégiant la netteté maximale et en révélant l’essence des formes naturelles. On reconnaît ses images pour leur rigueur formelle et leur beauté intemporelle

Quels sont les chefs-d’œuvre emblématiques présentés ?

Parmi les œuvres phares figurent Charis, Santa Monica (Nude in Doorway) (1936), les célèbres séries de poivrons, les études de coquillages et les paysages de Point Lobos.  

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Georges de La Tour au musée Jacquemart-André : l’exposition événement à Paris

Saint Philip by Georges de La Tour, circa 1625, oil on canvas. The saint is depicted seated, his face pensive, in a soft light that illuminates his features and his clasped hands. 63.5 x 53.3 cm, on display at the Chrysler Museum of Art, Norfolk, Virginia.
Gift of Walter P. Chrysler, Jr./ Photo: Ed Pollard. Courtesy of the Chrysler Museum of Art

Du 11 septembre 2025 au 25 janvier 2026, le musée Jacquemart-André consacre une exposition inédite à Georges de La Tour (1593–1652)

Première grande rétrospective en France depuis celle du Grand Palais en 1997, l’événement propose une relecture renouvelée d’un peintre rare et lumineux, maître d’un clair-obscur profondément spirituel  .

Georges de La Tour, un peintre majeur du XVIIe siècle

Né à Vic-sur-Seille, Georges de La Tour travaille pour de grands mécènes, dont les ducs de Lorraine et Louis XIII. En 1638, la guerre détruit sa maison et son atelier à Lunéville ; il se rapproche alors de Paris.

Malgré sa notoriété de son vivant, il tombe dans l’oubli après sa mort en 1652. Au début du XXe siècle, les historiens redécouvrent son œuvre, lui rendant près de trois siècles plus tard sa place parmi les grands peintres français.

Un parcours thématique centré sur la lumière

L’exposition réunit près de trente toiles et œuvres graphiques issues de collections publiques et privées françaises et étrangères.

Le parcours thématique met en lumière l’originalité de Georges de La Tour, notamment ses scènes nocturnes éclairées à la chandelle.

Plutôt que d’imiter directement Caravage, La Tour développe une interprétation personnelle du clair-obscur. Son réalisme radical et l’épure de ses compositions donnent à ses tableaux une force émotionnelle et une modernité saisissantes.

Deux œuvres phares à voir dans l’exposition

Le Nouveau-Né (vers 1645)

Georges de La Tour, « Le Nouveau-Né » (vers 1645), scène nocturne éclairée à la chandelle, exposée au musée Jacquemart-André à Paris du 11 septembre 2025 au 25 janvier 2026.
Georges de La Tour, Le Nouveau-Né, vers 1645, huile sur toile, 76,7 x 95,5 cm, Rennes, musée des beaux-arts © Rennes, Musée des beaux-arts

Dans Le Nouveau-Né, une lumière contenue modèle les visages et crée une atmosphère méditative ; l’œuvre compte parmi les nocturnes les plus célèbres de l’artiste.

Les Joueurs de dés (vers 1650-1651)

Georges de La Tour, « Les Joueurs de dés » (vers 1650-1651), scène de genre caravagesque au clair-obscur, présentée au musée Jacquemart-André (exposition 2025-2026).
Georges de La Tour, Les Joueurs de dés, vers 1650-1651, huile sur toile, 92,5 × 130,5 cm, Stockton-on-Tees, Preston 

Avec Les Joueurs de dés, Georges de La Tour crée une dramaturgie silencieuse, où gestes et regards maintiennent une tension maîtrisée L’œuvre illustre son attrait pour les sujets caravagesques et sa capacité à humaniser ses figures.

A lire aussi : Artemisia Gentileschi au musée Jacquemart-André : une exposition incontournable

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FAQ:

Quand a lieu l’exposition Georges de La Tour à Paris ?

Elle se tient du 11 septembre 2025 au 25 janvier 2026 au musée Jacquemart-André.

Pourquoi cette exposition est-elle un événement ?

Première grande rétrospective en France depuis 1997, offrant un regard renouvelé sur une œuvre rare du caravagisme européen.

Quelles œuvres majeures peut-on y voir ?

L’exposition réunit près de trente œuvres emblématiques, dont Le Nouveau-Né et Les Joueurs de dés.

Où se situe le musée Jacquemart-André ?

Le musée se situe au 158 boulevard Haussmann, dans le 8ᵉ arrondissement de Paris.

Quels sont les horaires pendant l’exposition ?

Le musée est ouvert tous les jours de 10h à 18h, avec nocturnes le vendredi jusqu’à 22h et le week-end jusqu’à 20h.

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Actualités - Agenda - Region - Sculpture

Louise Neverlon : architectures fragmentées et paysages de mémoire

Figure seated in front of a monumental wooden wall sculpture, composed of geometric modules and vertical elements, photographed in black and white, illustrating the immersive and architectural sculptural universe associated with the exhibition ‘Mrs. N's Palace’ and the aesthetics of 20th-century environmental sculpture.
Estate of Louise Nevelson. Licensed by Artist Rights Society (ARS), NY/ADAGP, Paris / Photo : © Courtesy Jeanne Bucher Jaeger, Paris- Lisbonne/ Droits réservés

Une exposition événement, inédite en Europe

Du 24 janvier au 31 août 2026, le Centre Pompidou-Metz présente Louise Nevelson. Mrs. N’s Palace”, la plus vaste rétrospective jamais organisée en Europe autour d’une figure majeure de l’art du XXe siècle. Cinquante ans après sa dernière exposition en France, le Centre Pompidou-Metz lui rend hommage. L’influence de cette artiste visionnaire continue de marquer la scène contemporaine et la mode.

Une artiste qui a révolutionné la sculpture

Née à Kiev en 1899, Louise Nevelson associe cubisme, constructivisme et collage pour créer des environnements immersifs transformant le visiteur en acteur.

Ses “atmosphères” redéfinissent la sculpture, évoquant à la fois les happenings d’Allan Kaprow et le “champ élargi” décrit par Rosalind Krauss. Chez Nevelson, l’espace n’est plus un simple dispositif d’exposition : il devient un territoire à explorer.

Les premiers environnements réactivés : une plongée dans la New York des années 1950

L’exposition offre une relecture rare de ses premières installations. Parmi elles :

Moon Garden + One (1958)

Présentée à Grand Central Moderns, cette œuvre inclut Sky Cathedral, grand mur sculptural vertical en hommage à New York. Nevelson y introduit une lumière bleue qui intensifie les ombres et crée un poétique clair-obscur.

Dawn’s Wedding Feast (1959)

Créée pour l’exposition Sixteen Americans au MoMA, cette œuvre marque un jalon de la sculpture mêlant rituel, narration et monumentalité.

The Royal Tides (1961)

Présentée chez Martha Jackson, cette installation constitue un autre moment clé de sa recherche immersive. Ces pièces, reconstituées spécialement pour l’exposition, permettent de comprendre combien Nevelson a ouvert les voies de l’installation contemporaine.

Les “murs” de Nevelson : architectures d’ombre et de lumière

Ainsi, les célèbres murs sculptés, créés à partir de fragments de bois recyclés puis peints en noir, blanc ou or, occupent une place centrale dans l’exposition.

Assemblage mural en bois peint en noir de l’artiste Louise Nevelson, composé de boîtes et de formes sculptées, présenté au Centre Pompidou-Metz dans le cadre d’une exposition consacrée à la sculpture immersive du XXe siècle.
Louise Nevelson, *Sky Cathedral III*, 1959 Bois peint en noir, 300 × 345 × 43 cm Otterlo, Kröller-Müller Museum, KM 127.875 Copyright : © Estate of Louise Nevelson. Licensed by Artist Rights Society (ARS), NY/ADAGP, Paris / Photo : © Collection Kröller-Müller Museum, Otterlo, the Netherlands / Marjon Gemmeke

Ces œuvres érigent les rebuts urbains en colonnes totémiques, en architectures intérieures rappelant tantôt des habitations, tantôt des palais de mémoire. Leur puissance tient à la manière dont elles condensent un univers symbolique, presque mythologique, dans lequel l’ombre devient matière et la lumière sculpturale.

Les “Dream Houses” des années 1970, évoquées dans le parcours, prolongent cette réflexion intime et féministe autour de l’espace vécu et imaginé.

Mrs. N’s Palace : le chef-d’œuvre absolu

Au cœur de la rétrospective se déploie Mrs. N’s Palace (1977), l’ultime environnement monumental de l’artiste. De plus, surnommée “Mrs. N”, elle imagine ici un palais immersif où le visiteur est littéralement absorbé

Elle consacre treize ans à ce projet aujourd’hui conservé de manière pérenne au Metropolitan Museum of Art. Par son ampleur, sa verticalité et son atmosphère quasi sacrée, Mrs. N’s Palace cristallise l’ensemble de ses recherches sur l’espace, la théâtralité et la perception.

Une approche nourrie par la danse, la performance et le corps

L’exposition souligne aussi l’influence de la danse dans l’œuvre de Nevelson.

Par son ampleur et son atmosphère quasi sacrée, Mrs. N’s Palace cristallise enfin ses recherches sur l’espace et la perception. De plus, elle étudie l’eurythmie pendant vingt ans et s’inspire également des travaux de Martha Graham.

Cette dimension corporelle transparaît dans ses premières sculptures en terre cuite, qui représentent des figures articulées en mouvement. De plus, ses voyages au Mexique et au Guatemala en 1950 renforcent cette quête.
Ils apportent à son œuvre une monumentalité marquée par la spiritualité et la magie.

Une esthétique qui inspire encore l’art et la mode

Visionnaire, Louise Nevelson a fait de son identité visuelle – turbans, bijoux sculpturaux, silhouettes théâtrales – un prolongement de son œuvre. L’exposition montre comment cette présence iconique a influencé la mode et les artistes contemporains, tout en révélant le rôle crucial qu’elle a joué dans l’émergence de l’art de l’installation et de la sculpture environnementale.

A lire aussi :

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FAQ

1. Qui est Louise Nevelson ?

Louise Nevelson (1899-1988) est une sculptrice américaine pionnière de l’art immersif. Elle est connue pour ses assemblages monumentaux en bois peint, ses murs sculpturaux et ses environnements qui ont transformé la sculpture du XXe siècle.

2. Quand a lieu l’exposition “Mrs. N’s Palace” au Centre Pompidou-Metz ?

L’exposition se tient du 24 janvier au 31 août 2026 dans la Galerie 2 du Centre Pompidou-Metz.

3. Quelles œuvres majeures de Louise Nevelson seront présentées ?

Le parcours inclut des reconstitutions de Moon Garden + One, Dawn’s Wedding Feast, The Royal Tides, ainsi que des murs emblématiques et son chef-d’œuvre tardif, Mrs. N’s Palace.

4. L’exposition sera-t-elle visible ailleurs qu’à Metz ?

Oui. Après Metz, une version adaptée sera présentée au musée Soulages à Rodez du 17 octobre 2026 au 7 mars 2027.

5. Quels sont les horaires d’ouverture du Centre Pompidou-Metz durant l’exposition ?

Ainsi, le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi et le 1er mai, avec des horaires qui varient selon la saison.