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Paris Photo 2026 : deux cents ans de photographie face aux images de demain

Grégoire Grange

Du 12 au 15 novembre 2026, Paris Photo revient au Grand Palais pour une 29e édition marquée par le Bicentenaire de la photographie. Des premiers procédés du XIXe siècle aux images générées par intelligence artificielle, la foire dessine le portrait d’un médium dont les frontières n’ont jamais semblé aussi mouvantes.

Célébrer deux cents ans de photographie au moment où notre rapport à l’image connaît l’une de ses transformations les plus profondes : le contexte donne à Paris Photo 2026 une résonance particulière.

Du 12 au 15 novembre, galeries, artistes, éditeurs, institutions et collectionneurs internationaux se retrouveront sous la verrière du Grand Palais. Mais au-delà du rendez-vous du marché, cette édition pose une question qui traverse aujourd’hui toute la création photographique : qu’est-ce encore qu’une photographie lorsque l’image peut être captée, transformée, calculée ou entièrement générée ?

Agnès Varda, Un ange passe, 1955, photographie en noir et blanc – Paris Photo 2026
Agnès Varda, Un ange passe (Christine d’Allens), décembre 1955. Nathalie Obadia.

Des pionniers de la photographie aux nouvelles images

Le dialogue entre histoire et création contemporaine apparaît dès le secteur Principal, qui rassemble 152 galeries venues de 31 pays.

À l’occasion du Bicentenaire, plusieurs propositions remontent aux origines mêmes du médium. La galerie Hans P. Kraus Jr. réunit notamment des œuvres de Louis Daguerre, William Henry Fox Talbot, Anna Atkins et Girault de Prangey, rappelant combien les premières décennies de la photographie furent déjà celles de l’expérimentation.

Deux siècles plus tard, cette expérimentation se poursuit avec des outils radicalement différents.

Le secteur Digital, désormais placé sous le commissariat de Marco De Mutiis, explore les nouvelles conditions de production et de circulation des images : intelligence artificielle photoréaliste, algorithmes, smartphones, réseaux sociaux et environnements numériques.

La photographie ne se définit donc plus seulement par l’appareil qui l’a produite. Elle devient un territoire où se rencontrent prise de vue, données, programmation et manipulation numérique.

Portrait photographique de Seydou Keïta, Sans titre, 1952 – Paris Photo 2026
Seydou Keïta, Sans titre / Untitled, 1952. Nathalie Obadia.

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« La disparition » : lorsque la photographie doute du réel

C’est peut-être dans le secteur Voices que cette réflexion trouve son expression la plus forte.

Pour sa troisième édition, les commissaires Zasha Colah et Francesco Zanot ont choisi un thème particulièrement évocateur : La disparition.

Le choix est loin d’être anodin. La photographie s’est construite comme un moyen de fixer ce qui pouvait disparaître. Deux cents ans plus tard, c’est désormais son propre statut qui semble devenir instable.

Les œuvres réunies interrogent la disparition des paysages, des communautés et des réalités sociales, mais également celle des frontières traditionnelles du médium. Photographie, peinture, sculpture, installation, manipulation logicielle et intelligence artificielle se rencontrent jusqu’à remettre en question ce qui a longtemps constitué l’une des forces de l’image photographique : son rapport supposé au réel.

À l’heure où une image parfaitement vraisemblable peut exister sans qu’aucun appareil n’ait jamais enregistré la scène qu’elle représente, cette interrogation dépasse largement le champ artistique.

Vic Bakin, Materia, 2026, portrait photographique en mouvement – Paris Photo 2026
Vic Bakin, Materia, 2026. VOID.

Le Centre Pompidou révèle sa collection photographique

Autre temps fort de l’édition, Révéler permettra de découvrir au Grand Palais une sélection spécialement conçue à partir de la collection photographique du Centre Pompidou.

Une centaine d’œuvres réalisées par près de trente artistes historiques et contemporains mettront en perspective différentes manières de penser et de fabriquer l’image.

Man Ray, Brassaï, Constantin Brancusi ou László Moholy-Nagy figurent notamment parmi les artistes présentés.

Plutôt qu’une histoire strictement chronologique, cet ensemble rappelle combien la photographie a toujours été un laboratoire : cadrer, expérimenter, détourner, transformer la lumière et la matière ont accompagné son développement bien avant l’apparition des technologies numériques.

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Une nouvelle génération élargit les frontières du médium

Cette transformation se lit également dans Emergence, qui rassemble vingt projets issus de neuf pays.

Les artistes sélectionnés ne considèrent plus nécessairement la photographie comme une finalité. Elle devient une matière parmi d’autres, associée au textile, aux archives, à l’installation, à la poésie ou à l’architecture.

Agnes Essonti Luque interroge ainsi l’histoire coloniale et la restitution des objets ; Dev Dhunsi fait dialoguer documentaire, récits diasporiques et textile ; Randa Mirza associe photographie, poésie et calligraphie autour des destructions causées par la guerre au Sud-Liban.

Ces pratiques témoignent d’un déplacement profond : la photographie contemporaine ne cherche plus seulement à montrer le monde. Elle questionne également la manière dont les images construisent nos récits, nos mémoires et nos représentations.

Karen Knorr, Fables et autres contes, 2025, paon dans l’architecture du fort d’Amer – Paris Photo 2026
Karen Knorr, Fables et autres contes, 2025. Filigranes.

Deux cents ans après, qu’est-ce qu’une photographie ?

Paris Photo 2026 aurait pu faire de ce Bicentenaire une célébration patrimoniale. L’intérêt de cette édition réside précisément ailleurs.

En faisant dialoguer les pionniers du XIXe siècle, les grandes figures du XXe, les artistes émergents et les pratiques numériques, la foire rappelle que la photographie n’a jamais cessé de se réinventer.

Mais le bouleversement actuel est peut-être d’une autre nature. Pendant près de deux siècles, malgré les manipulations possibles, la photographie a conservé un lien physique avec ce qui s’était trouvé devant l’objectif. L’intelligence artificielle et les images génératives viennent désormais fragiliser cette évidence.

La question n’est donc plus uniquement de savoir ce que la photographie peut représenter, mais de comprendre ce qui fait encore photographie.

C’est probablement là que réside tout l’intérêt de Paris Photo 2026 : célébrer deux siècles d’histoire au moment précis où le médium doit, une nouvelle fois, redéfinir ses frontières.

Paris Photo 2026
Du 12 au 15 novembre 2026
Grand Palais, Paris

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FAQ – PARIS PHOTO 2026

Quand aura lieu Paris Photo 2026 ?

Paris Photo 2026 se tiendra du 12 au 15 novembre 2026 à Paris. Cette 29e édition s’inscrit dans le cadre du Bicentenaire de la photographie.

Où se déroule Paris Photo 2026 ?

Paris Photo 2026 se déroule au Grand Palais à Paris, où galeries, artistes, éditeurs, institutions et collectionneurs internationaux se retrouveront pendant quatre jours.

Que peut-on voir à Paris Photo 2026 ?

La foire réunit photographie historique et contemporaine à travers plusieurs secteurs : Principal et Prismes, Voices, Digital, Emergence et Éditions. L’édition 2026 accorde notamment une place aux nouvelles pratiques numériques et à l’intelligence artificielle.

Pourquoi Paris Photo 2026 célèbre-t-il le Bicentenaire de la photographie ?

L’édition 2026 s’inscrit dans la célébration des 200 ans de la photographie. Paris Photo met en perspective l’histoire du médium, depuis ses premiers procédés jusqu’aux transformations contemporaines liées notamment au numérique et aux images génératives.

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