À Amiens, le Musée de Picardie dévoile une programmation 2026 d’exception
À Amiens, le Musée de Picardie confirme en 2026 son ambition de grand musée encyclopédique en région. Entre restauration patrimoniale, projets scientifiques de long terme et programmation artistique exigeante, l’institution s’impose comme l’un des pôles culturels majeurs des Hauts-de-France.
Sous la direction de Pierre Stépanoff, entouré des conservatrices Agathe Jagerschmidt-Seguin (archéologie) et Maya Derrien (art moderne et contemporain), le musée développe une saison structurée autour de plusieurs temps forts, allant de l’Égypte antique à la photographie contemporaine, en passant par les trésors du dessin ancien.

Mécénat 2026 : restaurer 26 peintures inédites du XIXᵉ siècle
La saison s’ouvrira dès le 6 février 2026 avec une nouvelle campagne de mécénat participatif. Objectif : financer la restauration de 26 œuvres de Charles-Philippe Larivière, peintre académique majeur du XIXᵉ siècle, prix de Rome et auteur de nombreuses commandes pour le château de Versailles.
Conservées pour certaines depuis des décennies dans les réserves, ces esquisses et petites huiles sur papier, exécutées notamment lors du séjour romain de l’artiste à la Villa Médicis, seront progressivement restaurées grâce au soutien du public. Le dispositif permet aux mécènes de choisir directement l’œuvre qu’ils souhaitent accompagner. Les peintures restaurées seront intégrées au parcours permanent à partir de décembre 2026.

« Égypte se transforme » : une collection repensée et enrichie
En avril 2026, le musée inaugurera une étape déterminante de la refonte de ses collections archéologiques avec l’exposition « Égypte se transforme – Collection 2026 ».
Fruit de plusieurs années de recherche scientifique, ce chantier a permis :
- l’intégration d’environ 90 objets jusque-là non identifiés ou conservés en réserve,
- une ambitieuse campagne de restaurations,
- un dépôt pérenne exceptionnel de 31 œuvres du Musée du Louvre.
L’exposition présentera une sélection d’environ 60 pièces, afin de favoriser une médiation approfondie et une lecture renouvelée des collections. Vases canopes, figures d’Osiris, Isis et Horus, albâtres rituels et fragments de parois funéraires dessineront un parcours immersif au cœur des croyances et des pratiques de l’Égypte antique.
Un temps fort est attendu durant l’été autour d’un objet rarissime associé à Toutankhamon, accompagné d’une reconstitution scientifique et d’un fac-similé. Cette étape prépare la future présentation permanente des collections égyptiennes, prévue à l’horizon 2028.

Flore : la photographie contemporaine face à la mémoire de l’Égypte
En dialogue direct avec ce chantier patrimonial, le musée présentera également l’exposition « Égypte éternelle – Photographies de Flore ». Artiste franco-espagnole installée dans la Somme, Flore explore ses souvenirs d’enfance passés à Alexandrie à travers une vingtaine de photographies réalisées entre 2007 et 2025.
Travaillant à la chambre photographique et au polaroid, elle développe une écriture visuelle lente, sensible et profondément sensorielle. Les images seront présentées dans les anciennes salles égyptiennes et dialogueront avec une sélection d’objets archéologiques choisis par l’artiste, créant une expérience immersive entre mémoire intime et patrimoine millénaire.

Été 2026 : les trésors cachés du dessin français
Temps fort de la saison, la grande exposition estivale « Toute l’histoire – Dessins français des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles » se tiendra du 27 juin au 27 septembre 2026.
Environ 170 dessins issus exclusivement de collections privées françaises seront exceptionnellement réunis, dont une majorité rarement montrée au public. Le parcours réunira des œuvres de Poussin, Watteau, Claude Lorrain, Hubert Robert ou François Le Moine, mais aussi des artistes plus confidentiels, révélant la diversité géographique et stylistique du dessin français.
Études préparatoires, recherches décoratives et œuvres autonomes permettront de mesurer le rôle fondamental du dessin dans la formation des artistes et dans la naissance des grands chefs-d’œuvre. Le musée présentera également plusieurs pièces majeures de son propre fonds, dont l’autoportrait au pastel de Maurice-Quentin de La Tour.

Décembre 2026 : renaissance des collections permanentes
Le 12 décembre 2026, une nouvelle phase du vaste chantier de réaccrochage des collections permanentes sera inaugurée. Sculptures, peintures monumentales, œuvres restaurées et acquisitions récentes viendront enrichir le parcours de visite, avec une attention particulière portée aux productions régionales et aux œuvres longtemps conservées en réserve.
Les peintures restaurées de Larivière constitueront l’un des marqueurs forts de ce renouvellement, illustrant l’engagement du musée en faveur de la conservation et de la transmission patrimoniale.

Maison Jules Verne : quand la littérature dialogue avec le vivant
Dernier grand rendez-vous de l’année, la Maison Jules Verne proposera l’exposition « Jules Verne et les animaux » du 3 juillet 2026 au 11 janvier 2027. Spécimens d’histoire naturelle rarement exposés, dont un grand pingouin aujourd’hui disparu, dialogueront avec des extraits de l’œuvre de Jules Verne.
L’exposition abordera les multiples facettes de l’animal dans l’imaginaire vernien : objet scientifique, figure poétique, personnage fantastique et question écologique avant l’heure.
Amiens, destination culturelle premium en 2026
Avec près de 70 000 œuvres conservées et une programmation d’une densité remarquable, le Musée de Picardie confirme son rôle structurant dans le paysage culturel français. Sa stratégie associe excellence scientifique, attractivité grand public et valorisation durable du patrimoine.
En 2026, Amiens s’impose comme une destination culturelle incontournable pour les amateurs d’art et de musées.
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