Du 15 octobre 2025 au 25 janvier 2026, la Maison Européenne de la Photographie propose un diptyque exceptionnel en réunissant Edward Weston et Tyler Mitchell dans deux expositions parallèles.
Séparés par un siècle mais unis par une même ambition faire de la photographie un langage de modernité et de révélation.Ils incarnent deux manières radicalement distinctes d’interroger le réel.
La saison 2025 de la MEP met ainsi en lumière, d’un côté, le passage fondateur de Weston au modernisme, et de l’autre, l’émergence d’une vision nouvelle portée par Mitchell, où beauté, autodétermination et imaginaire noir se déploient avec force.
Edward Weston modernité révélée : naissance d’un regard moderne
L’exposition Modernité révélée offre la plus vaste présentation de l’œuvre de Weston à Paris depuis près de trente ans. Elle réunit plus de cent tirages d’époque, dont plusieurs jamais montrés en France, issus du Wilson Centre for Photography.
L’ensemble retrace ses influences, ses ruptures et son rôle décisif au sein du groupe f/64, défenseur d’une photographie pure et non manipulée.
Du pictorialisme à la rigueur moderniste
Le parcours montre comment Weston évolue rapidement d’un pictorialisme aux flous allégoriques vers une photographie épurée fondée sur la netteté, la précision et la recherche d’une forme essentielle.
Deux images emblématiques, réalisées à un an d’intervalle, témoignent de ce basculement :
- M on the Black Horsehair Sofa (1921), encore pictorialiste,
- Tina Modotti (Nude in Studio) (1922), d’une modernité tranchante.

Le Mexique : laboratoire d’audace visuelle
Aux côtés de Tina Modotti, photographe et militante, Weston développe un langage plus contrasté, immédiat et audacieux, nourri d’expérimentations formelles. Ses portraits, natures mortes et études de formes naturelles deviennent des icônes du modernisme.
Des séries mythiques
Les années 1930 consacrent son style :
- les poivrons,
- les coquillages,
- les nus de Charis,
- les paysages de Point Lobos.
Weston y révèle une photographie sculpturale, focalisée sur la forme et la lumière, à la recherche de ce qu’il nomme « l’essence même de la chose ».
Pour les amateurs d’art et de photographie, l’exposition constitue l’un des temps forts culturels de la rentrée.
Tyler Mitchell — Wish This Was Real : l’utopie noire au présent
Au même moment, la MEP présente Wish This Was Real, première exposition personnelle en France du photographe américain Tyler Mitchell, né en 1995.
Son œuvre, multiforme : photographie, vidéo, textile explore la beauté, la mémoire et la liberté à travers des représentations lumineuses des personnes noires.
Mitchell, devenu célèbre en 2018 en photographiant Beyoncé pour Vogue US, propose un travail où douceur, mise en scène et revendication politique coexistent harmonieusement.
Vies / Libertés : la jeunesse comme espace d’émancipation
Ses premières images, influencées par le skateboard et Tumblr, montrent des scènes de camaraderie et de liberté. Elles incarnent une utopie quotidienne face à un contexte social souvent hostile, faisant de la joie un acte d’autoprotection.
Postcoloniale / Pastorale : la terre comme mémoire
Dans une relecture du paysage pastoral, Mitchell inscrit les corps noirs au centre d’un imaginaire romantique mais conscient des blessures de l’histoire. Ses œuvres textiles amplifient ce geste symbolique en introduisant matière et transparence.
Famille / Fraternité : l’intimité comme archive vivante
À Brooklyn, Mitchell met en scène proches et amis dans des intérieurs emblématiques de la vie noire américaine. Héritier de Gordon Parks et Deborah Willis, il explore la transmission, le foyer et la représentation comme outils d’ancrage identitaire.

Un dialogue inédit entre deux visions de la modernité
En réunissant Weston et Mitchell, la MEP propose une lecture transversale de la photographie :
• Weston révèle le monde en le dépouillant,
• Mitchell transforme le réel en l’illuminant.
L’un construit la modernité, l’autre la réinvente.
L’un travaille la forme, l’autre travaille l’imaginaire.
Leurs œuvres montrent combien la photographie reste un terrain d’exploration, de vérité et d’émancipation.
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FAQ
La MEP souhaite montrer comment la photographie, séparée par un siècle, reste un langage de modernité : Weston révèle la forme, Mitchell réinvente l’imaginaire.
Du 15 octobre 2025 au 25 janvier 2026 à la MEP, Paris.
Plus de cent tirages d’époque, dont des icônes : poivrons, coquillages, Charis, dunes d’Oceano, paysages de Point Lobos.
Des œuvres lumineuses explorant jeunesse, utopie, paysage postcolonial et mémoire familiale, ainsi que des pièces textiles innovantes