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Hélène Jacob (LN) : quand les paysages urbains deviennent des territoires de mémoire

Et si une ville continuait d’exister bien après que nous l’avons quittée ? Pour l’artiste contemporaine Hélène Jacob, alias LN, les paysages urbains ne sont pas de simples décors. À travers ses pastels aux couleurs intenses et ses perspectives audacieuses, elle réinvente l’architecture à partir de ses souvenirs, entre réalité, imagination et émotion.

Hélène Jacob (LN), Grande Urbanité, 2025, paysage urbain au pastel sec avec façades jaunes, rouges et bleues, perspective fuyante et cercle lumineux dans le ciel.
Hélène Jacob (LN), Grande Urbanité, 2025. Pastel sec sur papier, 80 × 120 cm.
Un passage urbain aux perspectives vertigineuses, où les couleurs vives accentuent la profondeur architecturale.

Hélène Jacob, une artiste qui réinvente la ville

Les villes changent, les souvenirs aussi. Une façade, une ruelle ou une ligne d’horizon peuvent demeurer dans notre mémoire pendant des années, jusqu’à prendre une forme différente de celle que nous avons réellement observée.

C’est dans cet espace entre perception et souvenir que se construit l’univers artistique d’Hélène Jacob.

Formée à l’école Penninghen, à Paris, puis directrice artistique dans la publicité, elle se tourne vers une pratique artistique personnelle après un voyage à New York en 2010. Ce séjour marque un tournant dans son parcours : l’architecture urbaine devient progressivement l’un de ses principaux territoires d’exploration.

New York, Paris ou Venise nourrissent son imaginaire. Mais ses œuvres ne cherchent pas à restituer fidèlement ces villes. Elles en proposent une interprétation subjective, où les lignes se déplacent, les couleurs s’affirment et les perspectives invitent le regard à circuler autrement.

Le pastel sec, entre architecture et émotion

Dans les œuvres d‘Hélène Jacob, l’architecture occupe une place centrale. Les immeubles s’élancent vers le ciel, les façades se rapprochent, les lignes convergent vers des points de fuite parfois inattendus.

Le pastel sec lui permet d’associer la précision des constructions à une grande spontanéité du geste. Les bleus profonds dialoguent avec les jaunes lumineux, les rouges et les orangés, donnant aux compositions une intensité presque théâtrale.

Avec Grande Urbanité (2025), les bâtiments encadrent un passage étroit tandis qu’un cercle lumineux attire le regard vers le ciel. Dans Construction (2024), les volumes géométriques semblent s’imbriquer et multiplier les perspectives.

Ces paysages sont souvent dépourvus de personnages. Pourtant, la présence humaine s’y devine : dans les fils électriques, les antennes, les passages et les traces d’une ville habitée.

L’artiste ne représente pas seulement des architectures. Elle explore la façon dont nous percevons les espaces et dont ils continuent de vivre dans notre mémoire.

Hélène Jacob (LN), Construction, 2024, pastel sec représentant des bâtiments géométriques aux façades anguleuses sous un ciel bleu et une lune blanche.
Hélène Jacob (LN), Construction, 2024. Pastel sec sur papier, 50 × 50 cm.
Une composition architecturale aux perspectives fragmentées,
dominée par un ciel bleu intense.

Des paysages urbains aux jeux de reflets

Les recherches récentes d’Hélène Jacob témoignent d’une évolution de son langage plastique.

Dans It’s raining (2026) et Reflets Africains (2026), l’eau transforme la perception des bâtiments. Les lignes verticales se prolongent dans les reflets, les couleurs se diffusent et les contours deviennent moins précis.

La ville cesse alors d’être uniquement une construction géométrique. Elle devient une image mouvante, presque abstraite, dans laquelle le spectateur peut projeter ses propres impressions.

Cette exploration du reflet ouvre une nouvelle dimension dans son travail : celle d’une architecture dont la stabilité apparente se confronte à la fragilité du souvenir.

Hélène Jacob (LN), Reflets Africains, 2026, paysage urbain au pastel sec aux façades bleues et orangées se reflétant dans l'eau.
Hélène Jacob (LN), Reflets Africains, 2026. Pastel sec sur papier, 50 × 65 cm.
Une architecture aux couleurs chaudes dont les lignes se prolongent dans l’eau,
entre figuration et abstraction.

Une pratique artistique ouverte à d’autres formes d’expression

Si ses paysages au pastel occupent une place importante dans sa production, Hélène Jacob explore également le Tape Art, une technique de collage utilisant notamment des rubans adhésifs colorés.

Elle réalise ainsi des portraits et des compositions qui témoignent d’un intérêt plus large pour l’image contemporaine, ses codes et ses possibilités de transformation.

Cette diversité de pratiques révèle une démarche fondée sur l’expérimentation, où le dessin, la couleur et la composition demeurent essentiels.

Installée à Paris, l’artiste dispose de son propre atelier-galerie, un espace qui favorise les échanges directs autour de ses œuvres.

Galerie LN

32 rue Jacques Louvel-Tessier 75010 Paris

Hélène Jacob à découvrir dans ART MAG International n°35

Comment la mémoire transforme-t-elle notre regard sur les villes ?

couverture art mag international

Hélène Jacob ne peint pas les villes telles qu’elles sont, mais telles qu’elles restent gravées dans nos mémoires. Dans son numéro 35, ART MAG International consacre deux pages à cette artiste qui bouscule les perspectives et réinvente les paysages urbains à travers la couleur et le souvenir.

Découvrir ART MAG

Pour lire la suite, téléchargez ART MAG N°35